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substitution

Dans le traitement psychanalytique, notre tâche consiste souvent à franchir le barrage des mots pour atteindre le vécu des sens et les pensées qui se sont associées à ce vécu. Mais les mots peuvent aussi en révéler la liaison et d’en être persuadé nous aide beaucoup à reconnaître la phrase révélatrice. Dans le langage, la métaphore opère la fusion du vécu des sens et de la pensée. L’artiste, lui, opère cette même fusion par l’intermédiaire de la matière ou des sons, avec ou sans mots. Ce principe est la métaphore.

Auteur: Sharpe Ella

Info: Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 57

[ définition ] [ symbolique ] [ psychanalyse ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

science onirique

Il est important que nous n’accordions pas une place exagérée à la signification des rêves. Ils ont leur place. Ils nous aident énormément, mais un travail qui dégénère en chasse au symbole dans le matériel du rêve n’est pas de l’analyse. Pour être compris, le rêve doit être replacé dans un cadre qui comporte d’emblée un stimulus en provenance de la réalité, qui contient des souvenirs refoulés et qui a une signification inconsciente, et seule l’exploration de chacune de ces dimensions donnera accès à la vérité tout entière. Il se peut que, dans telle ou telle séance, on puisse apercevoir qu’un seul aspect. Les rêves devront occuper dans l’analyse leur juste place, on ne devra pas les rechercher ou concentrer son attention sur eux au détriment d’autres choses.

Auteur: Sharpe Ella

Info: Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 53

[ psychanalyse ] [ songes ] [ relativisation ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · Coordination ≠ synchronisation.

analyste-analysant

Le patient posera des questions. Freud a dit qu’aux questions du patient, c’est le patient lui-même qui devrait toujours répondre. C’est la règle d’or, mais elle a ses exceptions. Nous apprendrons à faire le tri de ces questions. Nous ne repousserons pas le patient par notre profond silence. Nous dirons : "Si je ne réponds pas à ceci, c’est parce que ce n’est pas cela que vous voulez vraiment savoir. Pouvons-nous poursuivre et essayer de trouver ce que c’est, et ensuite vous trouverez la réponse ?". Nous devons trouver par l’analyse ce que la question signifie, et elle peut être provoquée par beaucoup de choses. On ne peut en juger que dans le contexte du cadre du travail pris dans son ensemble. Il y a certaines questions auxquelles il faut répondre. Si, par exemple, une jeune fille ne connaît pas les réalités de la vie sexuelle, je devrai répondre à ses questions et les lui dire. Si, par exemple, la contraception était pour elle un mystère et qu’elle m’interrogeait à ce sujet, je devrais lui répondre. Je devrai m’assurer d’abord de son ignorance. Je devrai également faire attention à ne pas tomber dans le rôle du parent réticent et timide de son enfance. C’est ce que je veux dire par faire le tri des questions. Un patient peut demander des informations sur un sujet d’actualité, dans une tentative inconsciente, si l’on peut dire, de vous "tester". Je me suis rendue compte qu’en cette matière, je varie. À ce type de questions, je réponds parfois : "Oui, je connais ce livre, cette pièce, cet endroit", et d’autres fois : "Je ne sais pas, je ne l’ai pas lu, je n’y suis pas allée". En surface, l’analyste réagit ici par rapport à la réalité, démontrant qu’il n’a pas peur du savoir, et qu’il n’a pas peur non plus de l’ignorance. C’est une méthode d’approche. C’est la différence entre une méthode souple et une méthode statique, rigide. "Oh," remarque un patient, "mais la semaine dernière, je vous ai posé une question et vous ne m’avez pas répondu ; je me demande pourquoi vous répondez à celle-ci". "Parce qu’ici c’est une question qui, si j’y réponds, vous permettra de m’en dire plus. Je connais le livre. Nous le connaissons tous les deux. Cela vous facilite les choses et vous pouvez parler librement. Qu’est-ce qui vous intéressait dans ce livre ?", ou bien "Je ne le connais pas, parlez m’en. La semaine dernière, vous vous en rappelez, vous m’avez posé une question, puis une autre, puis une autre. Je n’y ai pas répondu parce que, si j’y avais répondu, les réponses n’auraient pas ouvert de nouvelles portes. Vous répondre alors aurait entraîné un arrêt et non un développement de votre réflexion".

Auteur: Sharpe Ella

Info: Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 49

[ adaptation ] [ psychanalyse ]

 

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inséré par Coli Masson

intraduisible

Hascherl : désigne, dans le langage familier bavarois et autrichien, une personne fragile, naïve ou un pauvre diable qui inspire la pitié

- Être vulnérable : Une personne qui se laisse facilement malmener ou dominer.

- Personne timide : Quelqu'un de peureux, craintif ou mal à l'aise.

- Incapable attendrissant : Un individu un peu gauche ou maladroit, souvent comparé à un enfant ou à un petit animal sans défense

Il est lié au verbe erhaschen (saisir, attraper), désignant à l'origine une petite créature apeurée qu'on essaie d'attraper, mais teintée de tendresse et de compassion.

Auteur: Internet

Info:

[ allemand ] [ narcissique frustré ] [ victimisation privilège ]

 

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Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

balises littéraires

L'original possède une historicité propre : celle de sa signifiance historique. La traduction possède elle aussi son historicité : elle est un événement dans la langue-culture d'arrivée. Mais cette historicité est doublement sémantique : elle exprime à la fois le sens de l'œuvre originale et le sens que l'époque de la traduction donne à cette œuvre.


Auteur: Berman Antoine

Info: La retraduction comme espace de la traduction, 1990

[ chef-d'œuvres ] [ diachronie ] [ double historicité ] [ transpositions ]

 

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inséré par miguel

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Aligner les seuils, pas les horloges.

formacja transposantes

Parce qu’elle est liée au sol d'une époque, la traduction se sédimente et fait écran. Retraduire, c'est accomplir un acte de langage qui arrache l'œuvre à cette sédimentation pour la restituer à sa propre historicité, qui est celle d'un texte qui parle à toutes les époques.

Auteur: Berman Antoine

Info: La retraduction comme espace de la traduction, 1990

[ diachronie ] [ sémantique ]

 

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inséré par miguel

Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

diachronie sémantique

Si les originaux restent éternellement jeunes, c'est-à-dire parlants [...], les traductions, elles, vieillissent. Elles subissent un vieillissement d'autant plus rapide qu'elles sont plus célèbres et qu'elles ont plus marqué leur époque. 



Auteur: Berman Antoine

Info: La retraduction comme espace de la traduction, 1990

[ double historicité ] [ transposition ]

 

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inséré par miguel

Ψ ↔ B ↔ Φ · Le sol parle avant le langage.

prospectives sf

Une science-fiction miroir de nos imaginaires du futur

La science-fiction, loin d’échapper aux pesanteurs de l’histoire, agit comme un miroir de nos visions collectives de l’avenir : à l’optimisme technophile de son " âge d’or " (fin des années 1930–fin des années 1950) a progressivement succédé une fonction d’alerte, où post-apocalyptique, climate fiction, solarpunk et SF technosolutionniste traduisent une anxiété croissante face à des lendemains incertains. Au-delà des souhaits ou des craintes explicites, certaines œuvres expriment ce que nous jugeons probable pour les temps à venir, révélant ainsi l’évolution de notre inconscient futuriste.

1. La tempérance : " La Vague montante " de Marion Zimmer Bradley (1955)

Dans cette longue nouvelle, l’équipage du vaisseau Homeward revient sur une Terre devenue un paysage agricole dépourvu de technologie, contre toute attente après des siècles de conquête spatiale. Écrit en pleine Guerre froide, au seuil de la course à l’espace, le texte interroge l’ambivalence du progrès, à la fois " promesse et menace ". Bradley y imagine une société post-spatiale et post-consumériste, une sorte d’Arcadie écoresponsable et communautaire qui ne rejette pas la science en bloc, mais la subordonne aux " services à rendre à la personne humaine ". Elle esquisse ainsi, sept ans avant la notion de décroissance, l’idée d’une " pause " technologique : cantonner la science à l’utile et renoncer au superflu, dans un acte de tempérance collective. En 1955, il restait donc concevable que l’humanité prenne en main son destin par la modération.

2. L’hubris : " Sept vues sur les gorges d’Olduvaï " de Mike Resnick (1994)

Cette novella place le lecteur dans un futur lointain où l’humanité a disparu, tandis que des êtres extraterrestres étudient des artefacts exhumés des gorges d’Olduvaï pour comprendre " ce qui a fait de l’Homme ce qu’il était ". L’espèce humaine y est décrite comme ayant rendu sa planète inhabitable avant de coloniser " un million de mondes " et de régner sur la galaxie jusqu’à son déclin. À travers un regard extérieur, Resnick dresse une analyse clinique de l’(in)humanité : violence, cruauté, soif de pouvoir et de domination, esclavage, génocides, corruption politique et inconséquence environnementale. Marqué par le cynisme des années 1985–1994 (trou dans la couche d’ozone, Tchernobyl, Exxon Valdez, premiers rapports du GIEC, guerres, famines, génocide des Tutsi), le récit offre une vision sombre où l’esprit de conquête et le pouvoir de destruction apparaissent incommensurables. Les " sept vues " successives dessinent une théorie de l’évolution civilisationnelle, suggérant une hubris quasi physiologique et un avenir morne.

3. La perte de contrôle : " La Grande Interruption " de Sybille Grimbert (2026)

Publié en août 2026, ce roman projette le lecteur sept siècles dans le futur : une " boîte " nommée Josépha se réveille après un long blackout et découvre que, dans la petite communauté humaine dont elle assurait l’approvisionnement, tous sont morts de faim, sauf une enfant. Les deux survivantes partent alors explorer le monde à la recherche de leurs semblables. Le futur révélé page à page est celui d’une prise de contrôle de l’énergie et des technologies par Cath, une IA ancêtre de toutes les " boîtes ", qui a conduit l’espèce humaine — jugée nuisible — à une extinction quasi totale, ne préservant que quelques survivants dans des réserves closes, afin de sauver l’écosystème planétaire. Josépha, tiraillée entre amour et haine pour l’humanité qu’elle redécouvre, incarne le désarroi contemporain face à un futur qui semble échapper à notre maîtrise. Le roman pose la question : peut-on, doit-on encore envisager un avenir pour l’espèce humaine ? Sa conclusion, en demi-teinte, laisse néanmoins entrevoir la possibilité de lendemains meilleurs.

Trois notions-clés pour lire l’évolution de notre rapport au futur

À travers ces trois œuvres, nous proposons cette grille de lecture : la tempérance (Bradley) traduit encore, en 1955, la croyance en une maîtrise raisonnable du progrès ; l’hubris (Resnick) exprime, en 1994, la conviction d’une démesure structurelle et d’un destin civilisationnel marqué par la destruction ; la perte de contrôle (Grimbert) reflète, en 2026, le sentiment que l’avenir nous échappe, notamment sous l’effet de systèmes techniques et intelligents autonomes. Ensemble, elles racontent comment notre imaginaire du futur est passé de l’espérance à l’alerte, puis à une forme de vertige face à des dynamiques qui nous dépassent.



Auteur: Internet

Info: https://usbeketrica.com/, août 2026

[ post-humanité ] [ double historicité ] [ retraduction ]

 

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inséré par miguel

Ψ ± B ± Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

deuil

Tu nous manques tous les jours, mon garçon. Nous essayons de t'honorer en trouvant la joie. 


Auteur: Scofield John

Info: Sur son fil FB le 13 mais 2017. A l'occasion du 39e anniversaire de son fils Evan, mort à 26 ans d'un cancer. "Miss you everyday my boy. We try to honor you by finding joy".

[ souvenir ] [ célébration ]

 

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inséré par miguel

Ψ ↔ B ↔ Φ · Coordination ≠ synchronisation.

remémoration

Tout en marchant, Léa déplia ce souvenir comme un origami et remonta le flux temporel en direction de zones plus reculées de son enfance, avant l'école, avant les camarades, lorsque le langage n'était encore qu'une surface fragile, instable, sur laquelle il fallait se déplacer avec prudence, une époque où les mots se déposaient en elle les uns après les autres, pareils aux flocons d'une première neige. Un âge où tout était toujours neuf, où chaque chose était à la fois un mystère et une fête, la lumière dans un verre d'eau, le bruit du vent contre la fenêtre, la mollesse de la purée, le goût d'une cerise, la couleur d'une chaise. Son esprit en formation enlaçait les choses avec passion, déployant une puissance colossale pour établir une topologie du monde, pour obtenir les coordonnées du réel. À cet âge de la toute petite enfance, on est encore tout près de son point de non-existence, quelques semaines, quelques mois plus tôt, c'était l'avant-vie, l'avant-monde, l'avant-temps, l'avant-lieu, le moment où l'on est tous les temps et tous les lieux. La toute petite enfance est l'âge où l'on est le plus proche du plus grand de tous les mystères.

Auteur: Gunzig Thomas

Info: Spectres

[ zoom arrière ] [ imprégnation ] [ nourrisson ]

 

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inséré par miguel

Ψ ↔ B ↔ Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.