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psychanalyse
Notre aptitude à lire l’inconscient relève toujours étroitement du niveau où nous sommes inconscients de l’inconscient, ce qui signifie qu’elle relève de ce qui en nous-mêmes est encore refoulé. Seul l’inconscient peut dépister l’inconscient. Nous écoutons l’analysant sur le divan de deux façons, et ce n’est que quand notre inconscient est en train d’écouter profondément, de la seconde façon, la signification qui sous-tend et parcourt la pensée consciente qui se dit à voix haute, que nous saisissons ce qui se signifie, et auquel notre écoute de surface est sourde.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 30
[
énoncé-énonciation
]
[
analyste-analysant
]
— Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.
substitution
Dans le traitement psychanalytique, notre tâche consiste souvent à franchir le barrage des mots pour atteindre le vécu des sens et les pensées qui se sont associées à ce vécu. Mais les mots peuvent aussi en révéler la liaison et d’en être persuadé nous aide beaucoup à reconnaître la phrase révélatrice. Dans le langage, la métaphore opère la fusion du vécu des sens et de la pensée. L’artiste, lui, opère cette même fusion par l’intermédiaire de la matière ou des sons, avec ou sans mots. Ce principe est la métaphore.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 57
[
définition
]
[
symbolique
]
[
psychanalyse
]
— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le sol parle avant le langage.
analyste
Le bon praticien doit avoir une connaissance psychanalytique, mais ce n’est pas sa connaissance des résultats scientifiques qui le rendra capable de parcourir à nouveau le chemin qui a permis de les obtenir. La science de la psychanalyse a surgi d’un art. L’art précède la science. La science a été formulée à partir de ce que l’art a suscité. Nous pouvons apprendre les formules, mais nous ne serons pas de bons praticiens si, ayant appris les formules, nous nous mettons à les appliquer au sujet de notre expérimentation. La psychanalyse cesse d’être une science vivante quand la technique cesse d’être un art.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 22
[
caractéristiques
]
[
praxis
]
[
habileté
]
[
virtuose
]
— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.
science onirique
Il est important que nous n’accordions pas une place exagérée à la signification des rêves. Ils ont leur place. Ils nous aident énormément, mais un travail qui dégénère en chasse au symbole dans le matériel du rêve n’est pas de l’analyse. Pour être compris, le rêve doit être replacé dans un cadre qui comporte d’emblée un stimulus en provenance de la réalité, qui contient des souvenirs refoulés et qui a une signification inconsciente, et seule l’exploration de chacune de ces dimensions donnera accès à la vérité tout entière. Il se peut que, dans telle ou telle séance, on puisse apercevoir qu’un seul aspect. Les rêves devront occuper dans l’analyse leur juste place, on ne devra pas les rechercher ou concentrer son attention sur eux au détriment d’autres choses.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 53
[
psychanalyse
]
[
songes
]
[
relativisation
]
— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Aligner les seuils, pas les horloges.
psychanalyse
L’intérêt fondamental d’un candidat praticien doit porter sur la vie et les pensées des gens. Ce qui reste de scories du surmoi infantile dans cet intérêt fondamental doit être éliminé par l’analyse. Le besoin pressant de réformer, de corriger, de changer, est ce qui motive la tâche d’un réformateur ou d’un éducateur. Le besoin pressant de guérir est ce qui motive le médecin. Un intérêt profond pour la vie des gens et pour leurs pensées doit, chez un psychanalyste, avoir été transformé en une curiosité insatiable qui, tout en ayant des racines inconscientes reconnaissables, soit libre dans la conscience de s’étendre à tout champ d’expérience et d’activités humaines, libre de reconnaître toute impulsion inconsciente avec un seul besoin pressant, nommément : le désir de connaître toujours davantage les mécanismes psychiques impliqués.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, pages 24-25
[
amoralité
]
[
caractéristiques
]
[
ouverture
]
— Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.
analyste
Une source de difficultés dans l’acquisition de la technique sera le sadisme infantile refoulé en nous. L’angoisse qui y est liée doit être détectée quand on s’aperçoit que, dans cet engagement dans le travail psychanalytique, l’intérêt se porte et l’accent est mis sur l’amélioration et la guérison. Si l’on se sent rassuré et content chaque fois que le patient montre qu’il retire du bénéfice, chaque fois que des symptômes disparaissent, si on se sent découragé à chaque recrudescence du symptôme ou de la souffrance, c’est que l’on n’est pas à l’abri de sa propre angoisse. Cela veut dire que notre propre angoisse est annulée par le fait de guérir quelqu’un, et est intensifiée si nous n’en recevons pas l’assurance. Bien entendu la guérison du patient ne passe pas par l’invalidation de notre angoisse, ni même par notre désir de le guérir, mais seulement par notre capacité d’analyser les résistances à l’inconscient. Je crois que notre sadisme infantile et l’angoisse qui en découle aux niveaux les plus profonds rendent toujours impératif pour nous de chercher à nous assurer de notre sécurité. Plus ce niveau profond est amené à la conscience et analysé en nous, et plus nous pouvons rechercher des assurances réelles et non fantasmatiques, plus nous pouvons tolérer les affects des autres, dans nos contacts dans la réalité extérieure et avec nos patients en psychanalyse.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 32
[
anti thérapeutique
]
[
attente imaginaire
]
[
projection
]
— Ψ ± B ± Φ · Le sol parle avant le langage.
psychanalyse
La première prise de connaissance de la technique est donc l’assimilation de la technique de son propre analyste. Nous devons nous rappeler que cette technique, si elle est bonne, a été orientée par la psychologie d’un individu bien précis. Elle représentera pour l’essentiel la norme classique de la technique freudienne, et pourtant ce seront les variations et les nuances de son application à une personne particulière qui caractériseront le travail d’un praticien habile. De telles adaptations spécifiques à un cas individuel ne s’appliqueront pas nécessairement à un autre. C’est cette capacité d’ajustement plus subtil qui fait toute la différence entre l’application d’une série de règles mortes ou rigides et le traitement plus souple d’une personne réelle. Pour atteindre ce stade, l’étudiant devra, au-delà de l’expérience gagnée au cours de sa propre analyse, se référer à celle qu’il acquerra en analysant d’autres personnes ; qu’il acquière ce savoir-faire ou non dépendra de son acquisition de certaines compétences essentielles.
La seconde façon d’acquérir une connaissance de la technique avant de faire l’expérience du matériel clinique passe par les écrits rapportant des expériences analytiques de traitement de patients. La référence de base est, bien sûr, ici, celle de Freud. Dans notre propre littérature, nous trouvons beaucoup de conseils dans les travaux d’Ernest Jones. Je voudrais aussi vous renvoyer aux conférences d’Edward Glover sur ce sujet.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 22
[
praxis
]
[
universel-singulier
]
[
transfert
]
[
théorie-pratique
]
[
références
]
[
formation
]
[
analyste-analysant
]
— Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.
analyste-analysant
La personne sur le divan a ses propres problèmes, et ce n’est pas à nous d’envisager pour l’analyse un résultat qui corresponde à nos propres souhaits et à notre sens des valeurs particulier. Je voudrais ici fouiller la conscience de l’analyste en ce qui concerne le sens du mot "normal". Espérons-nous que notre patient sera analysé de façon à en sortir normal, ou espérons-nous qu’en analysant les résistances en vue de résoudre l’angoisse, les potentialités propres du patient pourront se réaliser ? Dans le premier cas, on pose devant le patient son but à soi ; dans le second cas, on se fixe à soi-même le but du patient, but dont on ne sait rien. C’est seulement quand nous pouvons supporter l’inconnu, que nous ne sommes pas "brûlants de trouver des certitudes", que nous serons capables de laisser le patient tranquille. Nous ne connaissons pas ses normes. Nous ne savons pas ce que sont ses potentialités. Nous ne pouvons pas les connaître tant que la tâche de lever le refoulement et de résoudre l’angoisse n’a pas été accomplie. Il ne les connaît pas lui-même. Si nous sommes en train d’analyser pour rendre les gens "normaux" au lieu d’"analyser", alors il nous faut une fois de plus explorer notre propre surmoi infantile, pour voir si "normal" ne signifie pas d’une façon ou l’autre notre idée du bien, notre idée de la perfection. Et il y a aussi l’autre conception toute aussi fausse de la normalité comme absence de refoulement et capacité d’avoir facilement des expériences sexuelles.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 42
[
normativation
]
[
point de vue critique
]
[
psychanalyse
]
[
question
]
[
désir
]
[
projection
]
[
préjugé
]
[
anti thérapeutique
]
— Ψ ← B ← Φ · Le mystique sait que le signal précède le message.
psychanalyse
Au second entretien, l’analyse commence. On invite immédiatement le patient à s’allonger sur le divan, et on lui répète que cette position donne plus d’aisance et de liberté au patient, et aussi à l’analyste, en expliquant que plus l’analyste pourra écouter librement, mieux l’analyse avancera. Je demande ensuite toujours au patient ce qu’il désire que l’analyse accomplisse pour lui et qu’il formule ses souhaits le mieux possible. Ceci est essentiel parce que cela correspond bien à une réalité ; je ne peux faire ces choses à sa place. Le patient ne pourra atteindre son but que s’il est vraiment déterminé à coopérer en suivant ce qui est exigé de lui, et ceci je le lui dis d’emblée. Je lui dis alors ce qu’on attend de lui, et je l’assure qu’il découvrira que la valeur qu’il attribue à ses mots et à ses idées se révélera plus tard en fin de compte bien différente. Qu’il juge quelque chose idiot, futile, sans rapport, et ce jugement apparaîtra plus tard non valide dans le cadre de l’investigation que nous allons entreprendre. Nous sommes passés du monde conventionnel, logique, moral dans un monde de significations psychologiques, et sa tâche est de dire ce qui lui vient à l’esprit, et nous pouvons l’assurer que s’il se conforme à cette requête, l’analyste tiendra ses promesses envers lui. L’analyste doit respecter cet engagement. Le patient fera lui-même l’épreuve de ce qu’aucun jugement n’est posé par l’analyste. Je l’assure aussi de ce que cette capacité de dire ce qu’il a dans la tête ne lui viendra que lentement, qu’il apprendra, avec le temps qui passe, à prendre conscience des pensées et sentiments qui accompagnent ce qu’il est en train de dire, et qu’il avancera d’autant plus vite s’il les dit à voix haute, interrompant la pensée qu’il est en train d’exprimer en faveur de celles qui font intrusion, et s’il a le courage d’exprimer quelque chose qui lui est désagréable. L’analyse commence et on laisse le patient commencer là où il veut, par le récit de ses difficultés actuelles, ou par un résumé de sa vie, comme certains le préfèrent. Cela n’a pas d’importance, puisque très vite tout récit continu disparaîtra et que nous aurons affaire à des remarques surgissant de façon plus pêle-mêle, l’analyse aura alors vraiment démarré.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, pages 46-47
[
déroulement de la cure
]
[
méthode
]
— Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.
imaginaire
Vous vous souvenez que le poète [Shakespeare] a dit : "Le monde entier est une scène, et un homme dans sa seule vie joue de nombreux rôles". Et on pense à la vie même de Shakespeare, aux maigres traces qui en restent. Pourtant ces traces sont suffisantes ! Nous en tirons deux faits importants. Le premier est qu’il avait une vie émotionnelle d’une richesse peu commune ; l’autre est que sa vie fut traversée par une détermination, un objectif dont la stabilité n’a jamais faibli. À cette maison et à ces propriétés qu’il avait remises en état après la ruine de son père, il revint muni de tout ce qui sied au grand âge, avec amis et honneurs. "Un homme dans sa seule vie joue de nombreux rôles". Pourtant, depuis ce moment où il quitta Stratford pour se mettre en service comme garçon d’écurie à Londres jusqu’à celui de son retour là-bas, avec renommée et fortune, il joua dans la vie le rôle de Shakespeare et non le rôle de l’une ou l’autre des créatures de son fantasme. Il n’était ni Iago, ni Brutus, ni le Danois ; et pour comprendre tout à fait, nous devons aussi dire qu’il n’était pas non plus Lady Macbeth, ni Viola, ni Rosalind. Pourtant, il avait en lui la gamme entière de ces passions. Nous avons là un aperçu du travail auquel nous avons affaire en psychanalyse. C’est bien là que gît le "drame" analytique. Si les patients arrivent à extérioriser en analyse les nombreux rôles que l’inconscient joue dans le fantasme, alors eux aussi peuvent se construire un moi intégré dans la vie réelle. La technique de l’analyste est ce qui lève le rideau, et ensuite, avec un peu de chance, l’analyste peut jouer le rôle de l’interprète. Voici le traître, et ici le héros, là le juge implacable. Et voici la trame de l’histoire : le fantasme, l’incident dans l’enfance, la chose re-présentée dans la vie actuelle sont liés, forment un tout. Chaque fois que l’analyste entre dans le jeu et interprète, il dit : "Tout cela est de vous. Vous avez fabriqué l’intrigue, vous avez inventé les personnages. C’est votre spectacle, vous devez être l’impresario et le metteur en scène. Vous devez commander ces créatures, ce ne sont pas elles qui vous commandent". Ainsi, finalement, un patient apprend à ne pas avoir peur des fantasmes ou des menaces du surmoi, à condition qu’ils aient joué jusqu’au bout leurs rôles au cours d’une expérience analytique.
Auteur:
Sharpe Ella
Années: 1875 - 1947
Epoque – Courant religieux: Récent et Libéralisme économique
Sexe: F
Profession et précisions: psychanalyste, enseignante
Continent – Pays: Europe - Angleterre
Info:
Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, page 44
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transposition littéraire
]
[
sublimation
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parole
]
[
pulsion
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— Ψ ± B ± Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.