psychanalyse

Au second entretien, l’analyse commence. On invite immédiatement le patient à s’allonger sur le divan, et on lui répète que cette position donne plus d’aisance et de liberté au patient, et aussi à l’analyste, en expliquant que plus l’analyste pourra écouter librement, mieux l’analyse avancera. Je demande ensuite toujours au patient ce qu’il désire que l’analyse accomplisse pour lui et qu’il formule ses souhaits le mieux possible. Ceci est essentiel parce que cela correspond bien à une réalité ; je ne peux faire ces choses à sa place. Le patient ne pourra atteindre son but que s’il est vraiment déterminé à coopérer en suivant ce qui est exigé de lui, et ceci je le lui dis d’emblée. Je lui dis alors ce qu’on attend de lui, et je l’assure qu’il découvrira que la valeur qu’il attribue à ses mots et à ses idées se révélera plus tard en fin de compte bien différente. Qu’il juge quelque chose idiot, futile, sans rapport, et ce jugement apparaîtra plus tard non valide dans le cadre de l’investigation que nous allons entreprendre. Nous sommes passés du monde conventionnel, logique, moral dans un monde de significations psychologiques, et sa tâche est de dire ce qui lui vient à l’esprit, et nous pouvons l’assurer que s’il se conforme à cette requête, l’analyste tiendra ses promesses envers lui. L’analyste doit respecter cet engagement. Le patient fera lui-même l’épreuve de ce qu’aucun jugement n’est posé par l’analyste. Je l’assure aussi de ce que cette capacité de dire ce qu’il a dans la tête ne lui viendra que lentement, qu’il apprendra, avec le temps qui passe, à prendre conscience des pensées et sentiments qui accompagnent ce qu’il est en train de dire, et qu’il avancera d’autant plus vite s’il les dit à voix haute, interrompant la pensée qu’il est en train d’exprimer en faveur de celles qui font intrusion, et s’il a le courage d’exprimer quelque chose qui lui est désagréable. L’analyse commence et on laisse le patient commencer là où il veut, par le récit de ses difficultés actuelles, ou par un résumé de sa vie, comme certains le préfèrent. Cela n’a pas d’importance, puisque très vite tout récit continu disparaîtra et que nous aurons affaire à des remarques surgissant de façon plus pêle-mêle, l’analyse aura alors vraiment démarré.

Auteur: Sharpe Ella

Info: Ella Sharpe lue par Lacan, trad. de Marie-Lise Lauth et Rachel Samacher, Hermann Editeurs, Paris, 2007, pages 46-47

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inséré par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

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