Deux cas de rémission possible chez des patientes atteintes d'un cancer du sein triple négatif (CSTN) métastatique.
Le CSTN est connu pour son mauvais pronostic, avec un taux de mortalité élevé dans les 3 à 5 ans suivant le diagnostic. Cependant, il s'agit d'une tumeur hétérogène et le pronostic individuel peut varier. Le CSTN métastatique est généralement considéré comme incurable, avec une survie médiane d'environ 13 mois.
Cas 1: Une femme de 59 ans a été diagnostiquée avec un cancer du sein droit localement avancé. Après une tumorectomie, une chimiothérapie néoadjuvante (doxorubicine et cyclophosphamide, puis docétaxel), une mastectomie, une dissection des ganglions lymphatiques et une radiothérapie, elle a développé des métastases de la paroi thoracique et axillaires. Elle a été traitée par paclitaxel et bevacizumab, mais le traitement a été interrompu en raison d'une infection. Un PET-CT scan ultérieur n'a montré aucune évidence de maladie, et la patiente est restée en rémission lors de son dernier suivi en janvier 2017.
Cas 2 : Une femme de 68 ans, diagnostiquée en Russie avec un carcinome infiltrant du sein droit, a subi une mastectomie radicale modifiée et une chimiothérapie adjuvante (cyclophosphamide, méthotrexate et fluorouracile, puis docétaxel et adriamycine), suivie d'une radiothérapie. Après avoir déménagé aux États-Unis, elle a reçu de l'exémestane, puis a présenté une récidive ganglionnaire et sternale. Elle a été traitée par radiothérapie, puis par capécitabine, gemcitabine et paclitaxel, avec des réponses variables. Après un traitement par éribuline, un PET-CT scan n'a montré aucune évidence de maladie. La patiente est restée en rémission lors de son dernier suivi en novembre 2016.
Discussion: Le CSTN, caractérisé par l'absence de récepteurs ER, PR et HER2, représente 12 à 17 % des cancers du sein. Bien qu'il soit agressif, certains sous-groupes peuvent être sensibles à la chimiothérapie. Il n'y a pas de chimiothérapie standard privilégiée pour le CSTN. Ces deux cas suggèrent que certains patients atteints de CSTN métastatique peuvent obtenir un contrôle prolongé de la maladie grâce à la chimiothérapie, même après progression sous plusieurs régimes antérieurs, et qu'après environ 5 ans, ces rares patients pourraient être en véritable rémission à long terme. De nouvelles approches, telles que les inhibiteurs de PARP, montrent une activité clinique encourageante.
Conclusion: Bien que le CSTN et les cancers du sein de type basal soient agressifs, un sous-groupe de ces cancers peut être très sensible à la chimiothérapie et associé à un bon pronostic lorsqu'il est traité avec des régimes de chimiothérapie conventionnels. Les deux cas présentés ici montrent que certains patients peuvent obtenir un contrôle prolongé de la maladie grâce à la chimiothérapie, même après avoir progressé sous de multiples régimes de chimiothérapie antérieurs, et qu'après environ 5 ans, ces rares patients pourraient être en véritable rémission à long terme. De nouvelles approches, par exemple les inhibiteurs de PARP, ont montré une activité clinique encourageante dans les essais de tumeurs survenant chez les porteuses de mutations BRCA ainsi que dans les CSTN sporadiques.