La langue […] exerce sur ses usagers cette attirance qui, avant tout usage, préfigure déjà un être augmenté de ses possibles — selon la définition spinozienne de la joie. Du moins l’exerce-t-elle sur ceux qui ont accès aux codes et en cultivent l’imaginaire. À ceux-là échoit alors en partage la prémonition de ce que peut la langue, c’est-à-dire le sentiment de ses puissances. Avant toute chose, sur le seuil de toute pensée même, ce sentir est bien autre chose qu’un savoir, une expérience, une habilité ou une virtuosité.
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