philosophie

Comment est-ce que KANT formule le problème de l’analyse du beau ? Il part au fond d’une description du sentiment esthétique, mais cette description tourne autour d’un problème essentiel qui est l’universel absolu, l’universalisation du plaisir esthétique.

En effet, si nous rapportons l’entreprise kantienne, ici à ce que nous pouvons appeler l’échec de WERTHER, nous voyons que ce que recherche KANT, c’est de sauver WERTHER en universalisant à la fois le plaisir esthétique d’une part et, d’autre part, le sentiment du sublime. Autrement dit, il s’agit de prêter un sens positif à l’expérience de WERTHER, et ce sens positif reviendra à cette expérience de l’universalité qui sera prêtée au plaisir. Comment peut-il y avoir un plaisir universalisable ? C’est le problème du beau. D’autre part, en ce qui concerne le problème du sublime, il est plus complexe, car ce qui fondamentalement va faire la différence du beau et du sublime chez KANT, c’est que le sublime est conflictuel.

L’expérience du beau est une certaine espèce de repos dans le plaisir de la contemplation. Au contraire, l’expérience du sublime est l’expérience d’un déchirement entre notre sensibilité d’une part et, d’autre part, notre destination supra-sensible. Autrement dit, nous sommes arrachés du sensible mais, arrachés que nous sommes du sensible, nous nous défendons contre cet arrachement et c’est ce conflit même qui caractérise le sublime. C’est ce conflit dont précisément WERTHER nous rendait témoignage, mais c’est ce conflit auquel il s’agira, pour KANT, de garantir l’universalité. L’universalité de ce conflit, constitutif en somme de la condition humaine, constitutif de la finitude humaine comme telle, l’universalisation de ce sentiment c’est le sublime.

Auteur: Kaufmann Pierre

Info: Séminaire de Jacques Lacan du 15 juin 1960

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