philosophie-littérature

[...] l’entreprise de KANT a été de chercher une solution philosophique à l’impasse dans laquelle s’est engagé le héros de GOETHE [Werther]. En effet, à travers ces textes il vous apparaîtra sans doute que le suicide de WERTHER est dû à l’impuissance où il s’est trouvé d’atteindre à une position d’équilibre entre la vie - et le sentiment même de la vie qui nous est donné au départ avec le sentiment du beau - entre : 

– la vie, 

– la transcendance du sens de la vie qui culmine dans l’ivresse de la divinisation, 

– et enfin la mort.

Ces trois dimensions de l’expérience, WERTHER n’a pas été en mesure de les articuler l’une à l’autre. Or KANT nous propose une esthétique du beau, une esthétique du sublime.

Mais sans doute, ce qui est le plus important dans la "Critique du jugement", c’est l’articulation à laquelle il accède entre – l’esthétique du beau, – et l’esthétique du sublime. Autrement dit, il y a un progrès dans la "Critique du jugement", et ce progrès figure en somme une sublimation de l’expérience de WERTHER. En somme, on peut dire que la "Critique du jugement", c’est, assez précisément, WERTHER sublimé.

Auteur: Kaufmann Pierre

Info: Séminaire de Jacques Lacan du 15 juin 1960

[ résumé ] [ résolution ]

 

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