intelligence

Puisque Dieu nous propose dans des concepts et des propositions conceptuelles (qui nous arrivent toutes ruisselantes du sang des martyrs, au temps de l’arianisme on savait mourir à cause d’un iota*) les vérités les plus transcendantes et les plus inaccessibles à notre raison, la vérité même de sa vie divine, son abîme à lui, c’est donc que le concept n’est pas un simple instrument pratique incapable à lui seul de transmettre le réel à notre esprit, bon à morceler artificiellement des continuités ineffables, et qui laisse fuir l’absolu comme l’eau à travers un filet ; grâce à cette merveille naturelle de force et de légèreté qu’est l’intellection analogique, jetée d’un bord à l’autre, et qui rend notre connaissance capable de l’infini, le concept, divinement élaboré dans la formule dogmatique, tient sans le limiter et fait descendre en nous, en miroir et en énigme, mais aussi en toute vérité, le mystère même de la Déité, qui se prononce elle-même éternellement dans le Verbe incréé, et s’est racontée dans le temps et en langage humain par le Verbe incarné. 

Auteur: Maritain Jacques

Info: Préface à la seconde édition de la Philosophie bergsonienne, p. XII * L'iota dont il est question fait référence à une seule lettre grecque "i" (ι) qui faisait toute la différence entre deux termes : "homoousios" (ὁμοούσιος) : "de même substance", "homoiousios" (ὁμοιούσιος) : "de substance similaire" Cette différence d'un seul iota représentait un débat théologique majeur sur la nature du Christ

[ théologie catholique ] [ naturel-surnaturel ]

 

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