On sait que le nominaliste prétend que les choses sont trop diverses pour être réellement classées de sorte qu’elles sont seulement étiquetées. L’Aquinate, ferme réaliste mais modéré, tient qu’il existe réellement des caractères généraux ou "universaux", que les êtres humains, par exemple, sont tous humains et autres paradoxes. Un réalisme plus extrémiste l’aurait conduit trop près d’être platonicien. Il reconnaît que l’individualité existe mais dit aussi qu’elle coexiste avec certains caractères communs qui rendent une certaine généralisation possible. Il professe en somme ce que le bon sens nous dit s’il n’est pas perturbé par de subtils hérétiques. Cependant, ils persistent à le perturber. Il me souvient que H. G. Wells eut ainsi naguère un violent accès de fièvre nominaliste et produisit coup sur coup plusieurs livres afin de prouver que chaque chose est unique et sans type. L’homme, par exemple, est individualité au point de n’être même plus un homme. Il est surprenant et presque comique de constater que ce facteur de désordre attire principalement ceux qui se plaignent du désordre social et proposent d’y remédier par une salve de règlements. Les mêmes personnes affirment en même temps que toute classification est impossible et que tout doit être codifié. George Bernard Shaw prétend ainsi que l’unique règle d’or est qu’il n’y a pas de règle d’or. Sans doute préfère-t-il une règle de fer à la soviétique.
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Info: Saint Thomas du Créateur, Dominique Martin Morin, 2016, pages 149-150
Commentaires: 2
Coli Masson
30.12.2024
Pourquoi ces termes ? désordre est déjà inscrit dans le texte. Pour autant, je ne suis pas sûre que les propositions de réglementation à la manière totalitaire relèvent d'un quelconque "ordre".
miguel
29.12.2024
ordre-désordre, orthogonaux ?