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pouvoir

Le démocrate ne considère pas que les gens qui le critiquent se trompent, mais qu’ils blasphèment.

Auteur: Gomez Davila Nicolas

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[ religion politique ] [ hérétiques ] [ contestation interdite ] [ démocratie ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

modernité

[...] le Christianisme se présente, par la force des choses d’ailleurs, comme une nouveauté ; ce caractère d’innovation, tout en étant légitime sur son plan, comporte néanmoins un danger de déséquilibre et d’infidélité, qui en fait s’est actualisé dans le monde chrétien sous la forme d’un progressisme de plus en plus marqué, surtout à partir de la Renaissance, mouvement mondain, extériorisant et individualiste s’il en fut, avec ses abus de l’intelligence sur le plan des arts aussi bien que sur celui des sciences, et malgré l’intérêt que suscita à cette époque, dans certains milieux, la pensée platonicienne. [...] Ici aussi, l’Islam apparaît comme un correctif divin ou un rétablissement d’équilibre du fait qu’il exclut a priori le culte du nouveau ; comme le Mosaïsme*, et plus expressément encore, il réduit la civilisation à la religion et par là-même, en quelque sorte, le temps humain à l’espace religieux.

Auteur: Schuon Frithjof

Info: Dans "Christianisme/Islam", éditions Archè Milano, 1981, pages 88-89. *doctrines et institutions religieuses que les Juifs reçurent de Moïse

[ possibilités hérétiques ] [ comparaison ] [ particularité ] [ monothéismes ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

citoyens

La masse des hommes sert ainsi l’État, non point en humains, mais en machines avec leur corps. C’est eux l’armée permanente, et la milice, les geôliers, les gendarmes, la force publique, etc. La plupart du temps sans exercer du tout leur libre jugement ou leur sens moral ; au contraire, ils se ravalent au niveau du bois, de la terre et des pierres et on doit pouvoir fabriquer de ces automates qui rendront le même service. Ceux-là ne commandent pas plus le respect qu’un bonhomme de paille ou une motte de terre. Ils ont la même valeur marchande que des chevaux et des chiens. Et pourtant on les tient généralement pour de bons citoyens. D’autres, comme la plupart des législateurs, des politiciens, des juristes, des ministres et des fonctionnaires, servent surtout l’État avec leur intellect et, comme ils font rarement de distinctions morales, il arrive que sans le vouloir, ils servent le Démon aussi bien que Dieu. Une élite, les héros, les patriotes, les martyrs, les réformateurs au sens noble du terme, et des hommes, mettent aussi leur conscience au service de l’État et en viennent forcément, pour la plupart à lui résister. Ils sont couramment traités par lui en ennemis.

Auteur: Thoreau Henry David

Info: La Désobéissance civile (1849)

[ fonctionnaires ] [ innovateurs ] [ hérétiques ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

christianisme

Sigier [de Brabant] enseignait que l’Eglise infaillible théologiquement pouvait se tromper dans l’ordre scientifique. Il y a deux vérités. La vérité du monde surnaturel et celle du monde naturel qui contredit le monde surnaturel. Tant que nous sommes dans l’ordre naturel, nous pouvons tenir la foi chrétienne pour insensée mais quand nous nous souvenons que nous sommes chrétiens, nous devons tenir notre foi pour certaine, fût-elle absurde. En d’autres termes, Sigier, comme le héros d’une chanson de geste, tranche la cervelle humaine en deux et professe que chaque moitié fait un tout. Une cervelle peut croire absolument tandis que l’autre s’y refuse absolument. On pourrait considérer qu’il s’agit là d’une parodie du thomisme. C’en est l’assassinat. Il n’y a pas trente-six façons de trouver la vérité et c’en est une véritablement bizarre que de prétendre qu’elle est double. Il se passa alors quelque chose de passionnant : le Bœuf muet se rua dans l’arène comme un taureau furieux. Quand il se mit debout pour répondre à Sigier, il n’était plus le même homme. Il changea même de style comme, soudainement, une voix humaine s’altère. Saint Thomas ne s’était encore jamais mis en colère contre ses adversaires. Mais ces adversaires-là trichaient affreusement. Ils le prétendaient en accord en accord avec eux.

[…] En réalité, une distinction subtile peut marquer une opposition totale. C’était exemplairement le cas. Thomas voulait que l’on reconnaisse deux voies pour parvenir à l’unique vérité, précisément parce qu’il était certain qu’il n’y a qu’une vérité. Parce que la foi est l’unique vérité, et donc aucune découverte dans l’ordre naturel ne peut la contredire fondamentalement. Parce que la foi est l’unique vérité, aucune explicitation de la foi ne peut contredire fondamentalement les faits. […] la confiance de saint Thomas était surtout et par-dessus tout la confiance qu’il n’y a qu’une vérité, que le principe de non-contradiction ne souffre pas d’exception. De nouveaux ennemis surgissent soudain, protestant qu’ils étaient heureux d’admettre avec lui qu’il y a deux vérités contradictoires. Selon ces sophistes, la vérité offrirait le double visage de Janis auquel il ne serait pas loin de prétendre passer la robe dominicaine.

Dans ce dernier combat, Thomas se bat à la hache. Il ne reste rien dans son langage de la patience presque impersonnelle qu’il a toujours apportée dans ses discussions si nombreuses. "Voilà notre réfutation de l’erreur. Elle n’est pas fondée sur des articles de foi mais sur les arguments et les affirmations des philosophes eux-mêmes. S’il existe quelqu’un qui, s’enorgueillissant de sa prétendue sagesse, désire réfuter ce que nous avons écrit, qu’il ne le fasse pas en cachette, ni devant des enfants incapables de trancher en pareille matière. Qu’il réponde ouvertement, s’il l’ose. Il me trouvera en face de lui, et non seulement ma négligeable personne, mais un grand nombre de ceux qui s’attachent à l’étude du vrai. Nous combattrons ses erreurs ou remédierons à son ignorance."

[…] S’il y a une sentence à graver dans le marbre, symbole de ce que cet esprit unique contenait d’intelligence calme, patiente, c’est la formule que j’ai citée. Elle a jailli, entourée d’un torrent brûlant. Elle mériterait de figurer à jamais comme la marque à quoi l’on reconnaît l’œuvre de saint Thomas : "… notre réfutation n’est pas basée sur des articles de foi, mais sur les arguments et les affirmations des philosophes eux-mêmes." Puissent tous les docteurs orthodoxes réunis en conseil demeurer toujours aussi raisonnables que Thomas en colère ! Puissent tous les apologistes garder cette maxime en mémoire, l’écrire en grosses lettres sur les murs, avant d’y afficher leurs thèses ! Au plus fort de sa colère, Thomas d’Aquin sait ce que tant de défenseurs de l’orthodoxie ne comprennent pas. Rien ne sert de taxer un athée d’athéisme, de faire grief à l’incroyant de ce qu’il ne croit pas à la résurrection des corps. On ne peut convaincre quelqu’un en invoquant des principes auxquels il ne croit pas. L’exemple de saint Thomas prouve, ou devrait prouver, que l’on doit renoncer à convaincre si l’on refuse de discuter sur le terrain de son adversaire et non pas sur le sien.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Saint Thomas du Créateur, Dominique Martin Morin, 2016, pages 78 à 80

[ hérétiques ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson