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peur

Romain avait commencé à comprendre et avait déjà compris à moitié, quand le maître en se déplaçant a laissé voir un seau qui était posé à terre ; alors Romain comprend encore mieux, parce que le maître avait pris la patte d'une des bêtes, pendant que Joseph tenait le seau...
"La maladie !"
Le mot avait été écrit tout à coup dans la tête de Romain, et il lut le mot dans sa tête, puis s'arrêta net, dans le même moment que le maître, l'ayant enfin vu venir, lui criait : "Halte !" ayant tourné la tête vers lui sans se redresser.
"Reste là... Bouge plus... Laisse le mulet où il est..."

Auteur: Ramuz Charles-Ferdinand

Info: In "La Grande peur dans la montagne", éd. Grands Écrivains, p. 67

[ contagion ] [ avertissement ] [ mot symbole ]

   
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inséré par Benslama

— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

naturel-surnaturel

Il y a probablement deux pôles dans la nature humaine :

l'un qui est la SAGESSE, l'autre la SAINTETÉ.

...La sainteté religieuse suppose un dogme, une foi.

...Le saint est celui qui est constamment tiré hors de luimême, le sage celui qui tire tout à lui. De sorte que, même

physiquement, le sage est ordinairement bien nourri (mais pas seulement physiquement). Le sage s'alimente, le sage

"profite". Le sage augmente (de poids). Le saint maigrit de

plus en plus car il se nourrit de sa propre substance jusqu'à

complet décharnement et totale consommation.

...Le véritable climat de la sagesse est le PANTHÉISME.

Il n'est possible et il n'est confortable d'être un Dieu à soi-même que quand tout le monde est de Dieu ou à Dieu.


Auteur: Ramuz Charles-Ferdinand

Info: Le sage, La nouvelle revue Française, 1932

[ types ] [ différences ] [ christianisme ] [ spiritualité ]

   
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inséré par Coli Masson

— Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

panorama

Il y a ces pâturages qui sont sous le col à deux mille cinq cents mètres, et c'est seulement vers la fin de l'été qu'ils y montent, à cause que leur vie va de bas en haut [...]. Tout là-haut, au milieu de la dernière pente d'herbe, on voyait le chalet ; ils étaient devant le chalet, assis par terre, parce qu'il n'y avait même pas de banc, se tenant adossés au mur de pierres sèches, en face et au-dessus du vide. Vu de cette hauteur, le fleuve, au fond de la vallée, n'était plus qu'un bout de fil gris apparaissant à travers une brume bleue, comme si ce n'eût pas été de l'air, mais de l'eau, dans laquelle on aurait mis fondre du savon, qui remplissait cet immense bassin de fontaine ; ils se tenaient là sans parler, parce qu'on se sent tellement petits, c'est tellement trop grand pour nous.

Auteur: Ramuz Charles-Ferdinand

Info: La séparation des races, 1922

[ altitude ] [ émerveillement ]

   

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— Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

femme-par-homme

Ce jour-là, quand je t'ai vue,

j'étais comme quand on regarde le soleil;

j'avais un grand feu dans la tête,

je ne savais plus ce que je faisais,

j'allais tout de travers comme un qui à trop bu,

et mes mains tremblaient.



Je suis allé tout seul par le sentier des bois,

je croyais te voir marcher devant moi,

et je te parlais,

mais tu ne me répondais pas.



J'avais peur de te voir,

j'avais peur de t’entendre,

'avais peur du bruit de tes pieds dans l'herbe,

J'avais peur de ton rire dans les branches;

et je me disais:" Tu es fou,

ah! si on te voyait,

comme on se moquerait de toi!"



Ca ne servait à rien du tout.

Et, quand je suis rentré,

c'était minuit passé,

mais je n'ai pas pu m'endormir.

Et le lendemain, en soignant mes bêtes,

Je répétais ton nom, je disais:" Marianne..."

Les bêtes tournaient la tête pour entendre;

je me fâchais, je leur criais:" Ça vous regarde ?

allons, tranquilles, eh! Comtesse, eh l la Rousse."

et je les prenais par les cornes.



Ça a duré ainsi trois jours

et puis je n'ai plus eu la force.

Il a fallu que je la revoie.

Elle est venue, elle a passé,

elle n'a pas pris garde à moi.


Auteur: Ramuz Charles-Ferdinand

Info: Le Petit Village

[ poème ] [ obsession ]

   

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— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.