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valeurs morales

Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie. Elles ont viré à la folie parce qu’on les a isolées les unes des autres et qu’elles errent indépendamment dans la solitude. Ainsi des scientifiques se passionnent-ils pour la vérité, et leur vérité est impitoyable. Ainsi des "humanitaires" ne se soucient-ils que de la pitié, mais leur pitié (je regrette de le dire) est souvent mensongère.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Orthodoxie (1908), trad. Lucien d’Azay, éd. Flammarion, collection Climats, 2010, p. 50

[ manque de discernement ] [ jugement individuel ] [ anarchie ]

 
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Ajouté à la BD par Coli Masson

égalité

Le prêtre lui aussi sembla un peu embarrassé, comme s'il n'arrivait pas à débrouiller ses propres pensées. Il réfléchit un instant, les sourcils froncés et reprit brusquement.

— Il est si facile d'être compris de travers. Tous les hommes ont de l'importance ; vous, moi, tous. C'est le fait théologique le plus dur à avaler.

L'inspecteur ébahi le regarda sans comprendre, mais le Père Brown poursuivit :

— Nous sommes tous chers à Dieu. Dieu seul sait pourquoi. Mais c'est la seule justification possible de l'existence des policiers.

L'inspecteur ne parut pas frappé par cette justification cosmique de sa propre existence.

— Ne voyez-vous pas que la loi à sa manière a raison ? Si tous les hommes ont leur importance, tous les assassinats ont la leur. L'oeuvre si mystérieuse créée par Dieu, nous ne pouvons pas permettre qu'elle soit mystérieusement détruite.


Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Le scandale du Père Brown

[ singularités ] [ humanisme ] [ christianisme ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

spécialistes

L’ennui avec l’expert n’est jamais qu’il cesse d’être humain, mais que dans tous les domaines où il n’est pas un expert, il s’avère un homme par trop ordinaire. Dans tous les domaines où il n’est pas exceptionnellement savant, il est d’une ignorance tout à fait commune. La prétendue impartialité des hommes de science est un immense sophisme. Si les hommes de science n’avaient pas d’idée hors de leur travail scientifique, peut-être que tout le monde s’en porterait mieux — tout le monde sauf eux. Mais à la vérité, une fois ôtés leurs habits de savants, ce n’est pas l’absence d’idées qui les singularise, mais la reprise des opinions les plus vulgaires et les plus sentimentales qui règnent dans leur coterie. Si un biologiste n’avait pas d’opinions sur l’art ou la morale, tout serait peut-être très bien, mais un biologiste a malheureusement toutes les idées fausses qu’on nourrit dans les petits cénacles brillants de son temps.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: in William Blake, p 57

[ scientisme ] [ arrogance ] [ jugement ] [ préjugés mondains ]

 
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Ajouté à la BD par Plouin

vitalité

A l'intellectuel morbide de la Renaissance qui s'interroge : "Être ou ne pas être ? Telle est la question", le massif docteur médiéval répond d'une voix de tonnerre : "Être ! Tel est la réponse." Cela vaut qu'on y insiste. Car il ne faudrait pas croire, ce que l'on fait volontiers, que la Renaissance marque le moment où l'on commence à faire confiance à la vie. C'est l'époque au contraire où, pour la première fois, quelques esprits commencèrent à désespérer de la vie. Le Moyen Âge avait mis des freins à l'universel appétit de vivre qui tournait parfois à la fureur de vivre. Les freins furent quelquefois exagérément serrés il est arrivé que des interdits soient promulgués en termes brutaux, voire carrément féroces. Mais ils servaient à contenir une force naturelle très puissante : la force d'hommes qui veulent vivre. Avant l'apparition de la pensée dite moderne, on n'avait jamais eu à combattre des hommes qui désiraient mourir.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Saint Thomas du Créateur, Dominique Martin Morin, 2016, page 96

[ histoire ] [ préjugés ] [ modernité ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

conformisme

... tout comme par les maniaques, je suis aussi dérangé par la plupart des penseurs modernes. Ce sentiment incontournable ou note que j'entends à Hanwell [ un asile d'aliénés ], je l'entends également depuis la moitié des chaires de la science et des sièges de l'enseignement d'aujourd'hui ; et la plupart des docteurs fous le sont de plus d'une manière. Ils ont tous exactement cette combinaison que nous avons remarqués : la combinaison d'une raison expansible et approfondie avec un bon sens contracté. Elles sont universelles seulement par le fait qu'elles prennent une explication mince et la portent très loin. Mais un modèle peut s'étendre pour toujours et rester quand même un petit modèle. Ils voient un échiquier blanc et noir, et si l'univers est pavé avec, c'est toujours blanc sur noir. Comme le fou, ils ne savent pas changer leur point de vue ; ils ne peuvent pas faire un effort mental et voir soudain le noir sur le blanc.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info:

[ convention ] [ aveuglement ]

 

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christianisme

On pourrait dire que le thomiste part de quelque chose de concret comme le goût d’une pomme et de là conclut à la vie divine de l’intellect. Tandis que le mystique épuise d’abord la vie intellectuelle et dit ensuite que la saveur de Dieu est quelque chose comme le goût d’une pomme. Un adversaire commun les accuserait de disputer du fait de savoir si tout commence ou finit par le goût d’un fruit. Mais la vérité est qu’ils ont raison tous deux, ce qui est le privilège, si je puis dire, de ceux qui se contredisent sur des plans différents. Le mystique a raison de dire que la relation de l’homme à Dieu est avant tout une histoire d’amour, le modèle et le type de toutes les histoires d’amour. Le dominicain rationnel a raison également d’affirmer que l’intelligence est faite pour le septième ciel ; et que la passion de connaître peut estomper et même anéantir tous les lourds appétits humains.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Saint Thomas du Créateur, Dominique Martin Morin, 2016, page 63

[ approches ] [ complémentarité ] [ voies ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

femmes-par-homme

Aujourd'hui que la société s'agite de façon plutôt futile à propos de la sujétion des femmes, n'y aura-t-il personne pour dire combien chaque homme doit à la tyrannie et à la prérogative des femmes, au fait qu'elles seules contrôlent l'éducation jusqu'au moment où l'éducation devient futile : car on n'envoie un garçon à l'école que lorsqu'il est trop tard pour lui enseigner quoi que ce soit ? Le vrai travail a déjà été fait et, grâce à Dieu, il est presque toujours fait par les femmes. Tout homme est féminisé par le seul fait de sa naissance. On nous parle de femmes masculines ; mais tout homme est un homme féminisé. Et si jamais les hommes marchent sur Westminster pour protester contre ce privilège féminin, je ne me joindrai pas à leur cortège. Parce que je me souviens avec certitude de ce fait psychologique précis : c'est au temps où j'étais le plus soumis à l'autorité d'une femme que j'étais le plus rempli d'ardeur et d'esprit d'aventure.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Orthodoxie

 

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christianisme

Par exemple, l’Aquinate tient à ce que l’homme soit envisagé dans toute son humanité ; à ce que l’on mesure bien qu’un homme n’est pas davantage un homme sans son corps que sans son âme. Un cadavre n’est pas un homme, un esprit non plus. L’antique école d’Augustin et même d’Anselme n’insistait guère là-dessus, traitant l’âme comme l’unique trésor, embarrassée pour un temps d’une enveloppe négligeable. Plus spiritualiste, elle était en cela moins orthodoxe. Augustin et Anselme approchent parfois les déserts orientaux qui jouxtent ces pays où l’on professe que l’âme émigre de corps en corps, si détachée du corps qu’elle peut emprunter celui d’un fauve ou d’un oiseau. Là contre saint Thomas affirme que le corps d’un homme est son corps, comme son esprit est son esprit et qu’il n’existe que par leur équilibre et leur union. […] Elle [cette notion] a une parenté avec le matérialisme moderne mais elle offre au modernisme un démenti cinglant. Elle implique la foi au plus monstrueux, au plus charnel, et donc au plus miraculeux des miracles. Elle se rattache à l’étincelante sorte de dogme que le moderniste peut le moins accepter : la résurrection de la chair.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Saint Thomas du Créateur, Dominique Martin Morin, 2016, page 33-34

[ naturel-surnaturel ] [ réalisme ] [ corps-âme ] [ métempsycose ]

 

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christianisme

Saint Thomas [d'Aquin] tient à ce qu’on pourrait appeler les souverainetés ou autonomies subordonnées les unes aux autres, interdépendantes entre elles mais indépendantes, insistait-il, dans leur ordre, à leurs rang et place. Il le pensait très précisément à propos de la raison et même des sens. "Soumise chez mon père, mais maîtresse chez moi", disait la fille de la maison que saint Thomas aurait soutenue sur ce point. Cela précisément le conduisait à mettre l’accent sur la dignité de l’homme, qui tendait parfois à disparaître dans certaines vues purement déistes. Personne n’oserait dire qu’il voulait séparer l’homme et Dieu. Mais il voulait distinguer l’homme de Dieu. On peut percevoir aujourd’hui, et l’on perçoit, quelle noble et humaine largeur de vues implique un sens si vif de la dignité et de la liberté humaine. Mais n’oublions pas qu’il a pour corollaire ce libre arbitre, ou responsabilité morale de l’homme, que tant de libéraux modernes cherchent à nier. Sublime et périlleuse liberté qui met en jeu le paradis et l’enfer, et tous les drames mystérieux au sein de l’âme. Distinction et non division. Mais un homme peut choisir de se séparer de Dieu ce qui, d’une certaine façon, est la plus terrible des distinctions.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Saint Thomas du Créateur, Dominique Martin Morin, 2016, page 35

[ créature-créateur ] [ implications ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

philosophie

L’esprit ne se contente pas de recevoir ou d’absorber les sensations comme le papier buvard. Il n’a pas cette sorte de douceur, fondement de tout un matérialisme peureux, qui conçoit l’esprit comme l’esclave de son entourage. Mais on ne peut pas dire non plus que l’esprit crée dans l’absolu, au sens où, après avoir peint des paysages sur les fenêtres, il déclarerait qu’ils sont la nature. En fait, l’esprit est actif et son activité consiste à cheminer, aussi loin que la volonté décide de le faire, dans la lumière qui brille au dehors et baigne des paysages réels. Voilà ce qui donne à cette façon de voir un caractère viril et presque aventureux ; opposée en tout cas aussi bien à celle qui montre l’esprit écrasé sans espoir par un déluge d’informations matérielles qu’à celle qui le montre agité par la construction psychologique d’une fantasmagorie sans fondement. En d’autres termes, l’essence du bon sens thomiste est une rencontre entre la réalité et l’esprit qui la connaît, une sorte de mariage et même un vrai mariage ; sous le rapport de la fécondité, il n’y a aujourd’hui qu’une philosophie au monde : le thomisme. Il donne des résultats pratiques parce qu’il est la combinaison d’un esprit aventureux et de la surprenante réalité.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Saint Thomas du Créateur, pp 159-160

[ interaction ] [ réalisme critique ] [ condition humaine ]

 

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