L’autisme, en fait, cela n’existe pas à la naissance. Il est fabriqué. C’est un processus réactionnel d’adaptation à une épreuve touchant l’identité de l’enfant. Un état traumatisant qui fait perdre au bébé la relation affective et symbolique à la mère ou empêche son établissement sensoriel. C’est induit généralement soit les premiers jours de la vie, soit entre quatre et dix mois ; ce n’est pas du tout congénital. Pris à temps, c’est récupérable. Ne pas attendre les effets de cette aliénation à la communication avec les autres. L’autiste fuit dans le climat solitaire d’un langage intérieur. Il a perdu le langage avec autrui. C’est comme un Martien au milieu de sa famille. Il est superbe. Il n’attrape pas de maladies. Entre quatre et neuf mois, un événement est intervenu ; c’est souvent une absence de la mère (deuil, voyage). Une interruption brusque de leur rythme connu de vie, que la mère ne lui a pas expliqué ; elle-même ne sait pas bien souvent ce qui s’est passé. Cet état de non-communication démarre à petit bruit. Quand elle a retrouvé tous les détails de l’événement déclenchant, elle peut sortir son enfant de son nuage en trouvant le moment et les mots pour restituer à l’enfant son vécu prétraumatique. "Sans l’embrasser, aux marges du sommeil, dites à l’enfant ce qui s’est passé." À la radio, j’ai pu correspondre avec des mères d’autistes encore jeunes, de moins de trois ans. Je les ai engagées à parler à leur enfant de leur éclipse au moment où il avait entre quatre et neuf mois et du fait qu’elles n’avaient pas compris qu’il en avait tant souffert. Une dizaine – de moins de trois ans – ont pu se regreffer à leur mère comme aux moments qui avaient précédé leur entrée dans l’autisme.
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Info: La cause des enfants, Editions Robert Laffont, Paris, 1985
— Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.
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