argent de poche

[…] quand je conseille de payer aux enfants des petites corvées qui leur évitent une femme de ménage… au lieu de les y contraindre – [les parents]me disent (c’est ce que j’entends dans les réunions) : "Mais enfin, si les enfants rendent service en échange d’argent, c’est honteux." – "Mais pourquoi ? Puisque vous payeriez une femme de ménage, vous payeriez un homme de peine pour le faire…" – "Mais il ne le fait pas aussi bien qu’un adulte !" – "Vous pouvez le payer moins cher parce que c’est moins bien fait, ou lui dire : C’est parfaitement bien fait, et payer le prix. Libre à lui de refuser une partie pour marquer sa solidarité au budget familial." C’est de 9 à 12 ans qu’un enfant apprend à faire tout ce qu’on peut faire dans une maison pour aider ; à le faire correctement pour pouvoir le faire ensuite chez d’autres personnes… étant adolescent, ce n’est pas dans sa famille qu’il le fera. À 12-13 ans, il a besoin de sortir de sa famille et de se faire admettre dans d’autres familles. Ainsi, il n’a pas le sentiment d’être exploité par ses parents, ou malmené sous prétexte qu’il est un peu leur esclave. Chez les autres, il ne sent pas cette tension qui règne souvent à la maison. Les fils, au XVIe siècle et au XVIIe siècle, allaient comme apprentis, ou comme pages chez les autres. Et dans les campagnes aussi, les fils de paysans, à partir de 12 ans, allaient comme valets, pendant un ou deux ans, chez des égaux de leurs parents qui faisaient le même métier que les parents. Sachant le métier ils étaient libres ou non de revenir au foyer paternel, aider en adulte leur père vieillissant.

Auteur: Dolto Françoise

Info: La cause des enfants, Editions Robert Laffont, Paris, 1985

[ rétribution ] [ paiement ] [ tâches ménagères ] [ récompense ] [ historique ]

 
 

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inséré par Coli Masson

— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

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