psychanalyse-psychologie

C’est la grande distinction si mal comprise par tant de gens entre la psychanalyse (qui ne concerne la personne qu’à travers l’expérience – fût-il un enfant – de son histoire passée) et la psychothérapie (qui peut prendre toutes sortes de moyens pour l’aide directe concernant ses difficultés actuelles).

La psychanalyse est un travail lent qui – parfois – semble avoir un effet thérapeutique rapide, parfois non et même souvent peu convaincant à court terme.

Au contraire, bien des cures psychothérapiques donnent des résultats appréciables à court terme, et sans récidives.

C’est une des raisons de la méfiance de tant de gens vis-à-vis de la psychanalyse et de leur moindre défiance vis-à-vis de ces nombreuses psychothérapies plus ou moins justifiées par des théories issues de la psychanalyse et appliquées au moins en ce qui concerne leurs fondateurs par des psychanalystes de formation, déçus de la longueur du travail dans beaucoup de cures dites classiques.

Je ne suis pas l’ennemie des psychothérapies ; il m’est même arrivé d’en faire. Et cependant, quel que soit le temps donné à une psychanalyse, même interrompue avant sa fin, l’expérience montre que les effets à long terme sont toujours positifs et profitables, non seulement au patient, mais à ses descendants (quand il en aura, s’il s’agit d’un enfant ou d’un adolescent).

Au contraire, les effets d’une psychothérapie réussie s’arrêtent avec l’arrêt de la psychothérapie et ne jouent pas un rôle préventif sur l’évolution ultérieure quand l’enfant deviendra adolescent, en activité génitale sociale et parent lui-même.

[...] Une psychothérapie touche peu au passé, soutient le patient à sortir de son impasse anxiogène actuelle, à prendre son parti des côtés viables, en les aménageant, de ce qui lui paraissait sans espoir avant d’en avoir considéré tous les aspects avec son psychothérapeute. Le transfert avec le psychothérapeute qui est le nerf du travail est utilisé mais non explicité comme un leurre névrotique qui soutient illusoirement le patient dans la conviction que son psychothérapeute sait pour lui. Ce rôle du supposé sachant est, au regard du patient, en psychothérapie, tenu par son psychothérapeute (qui utilise sa confiance pour l’aider).

Au contraire, le psychanalyste sait qu’il ne sait rien ou pas grand-chose, et seulement en ce qui le concerne lui-même, en tout cas rien en ce qui concerne son patient. C’est le patient qui sait (sans savoir qu’il sait) pour tout ce qui le concerne (et cela même s’il s’agit d’un enfant, d’un bébé). Le travail qu’ils font ensemble démystifie rapidement l’illusion du patient qui voudrait que son psychanalyste soit pour lui le tout sachant.

Auteur: Dolto Françoise

Info: La cause des enfants, Editions Robert Laffont, Paris, 1985

[ différence ] [ définitions ] [ symptômes ] [ généalogie ] [ sujet supposé savoir ]

 
 

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inséré par Coli Masson

— Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

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