Rentré à la maison, l’élève externe est collé devant le poste de télévision. Au moins, pendant qu’il est hypnotisé par l’image, il ne dérange pas. Le petit écran est une fenêtre ouverte sur l’ailleurs, sur le monde extérieur à l’espace clos où on le tient claquemuré. Cette bouche qui vomit une bouillie d’images et d’informations peut impunément choquer l’enfant à qui l’on n’a plus le temps d’expliquer les choses. Il est soumis à un bombardement quantitatif, il ne sélectionne pas et les parents n’ont pas le temps de le faire avec lui. Cet espace privatisé est vraiment une peau de chagrin. La société moderne a modelé et détruit peu à peu l’espace où les enfants peuvent découvrir leur schéma corporel, observer, imaginer, connaître les risques et plaisirs. L’enfermement reproduit hypocritement le concept de la vie des prisons. Le pouvoir discrétionnaire avec lequel les adultes restreignent la civilisation des petits est un racisme d’adulte inconscient exercé à l’encontre de la race-enfant.
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Info: La cause des enfants, Editions Robert Laffont, Paris, 1985
— Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.
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