La communauté, la loi supérieure publiquement en vigueur sous le soleil, a sa dimension vivante effective dans le gouvernement, comme ce en quoi elle est individu. Ce gouvernement est l’esprit effectif réfléchi en soi, le Soi-même simple de la substance éthique tout entière. Cette force simple permet certes à l’essence de s’étendre dans toute son articulation et de donner à chaque partie pérexistence et être pour soi propre. L’esprit y a sa réalité ou son existence, et la famille est l’élément de cette réalité. Mais il est en même temps la force du tout qui rassemble de nouveau ces parties en l’Un négatif, leur donne le sentiment de leur non-autonomie et les maintient dans la conscience de n’avoir leur vie que dans le tout. La communauté peut donc bien, d’un côté, s’organiser dans les systèmes de l’autonomie personnelle et de la propriété, du droit des personnes et du droit concernant les choses ; et, pareillement, les modes de travail en vue des fins d’abord singulières – du rapport et de la jouissance – peuvent bien s’articuler et s’autonomiser en rassemblements propres. L’esprit du rassemblement universel est la simplicité et l’essence négative de ces systèmes qui s’isolent. Pour ne pas les laisser s’enraciner et se figer dans cet isolement, pour ne pas laisser par là même le tout se disloquer et l’esprit se dissiper dans les airs, le gouvernement doit de temps en temps les secouer dans leur intérieur par des guerres, et donc perturber et léser l’ordre qu’ils se sont ménagé et le droit d’autonomie, mais donner à sentir aux individus, qui en s’y enfonçant s’arrachent au tout et tendent de toutes leurs forces vers l’inviolable être pour soi et la sécurité de la personne, au sein même de ce travail qui leur est imposé, leur maître : la mort. Par cette dissolution de la forme de la pérexistence, l’esprit contrecarre le glissement hors de l’existence éthique et l’engloutissement dans l’existence naturelle, préserve et élève le Soi-même de sa conscience dans la liberté et dans sa force. — L’essence négative se montre comme la puissance proprement dite de la communauté et comme la force de son autoconservation ; la communauté a donc la vérité et le confortement de sa puissance à même l’essence de la loi divine et du royaume souterrain.
Auteur:
Info: La Phénoménologie de l'esprit, Flammarion, Paris, trad. Jean-Pierre Lefebvre, 2012, pages 390-391
Commentaires: 1
nbsp;
miguel
23.03.2026
contrastes nécessaires, principe constitutif, régulation immanente ?