Pour moi, c’était un lieu ou un état de paix pure, mais aussi d’émotion exquise. C’était comme flotter dans des nuages doux et chauds où il n’y a ni haut ni bas, où rien n’existe comme une entité séparée. La chaleur ne vous entoure pas seulement, elle est en vous et à travers vous. Votre perception est éblouie et submergée par l’Environnement Parfait. Le nuage dans lequel vous flottez est traversé par des rayons de lumière aux formes et teintes sans cesse changeantes, chacun étant merveilleux alors qu’ils vous enveloppent. Des rayons rouge rubis, ou quelque chose au-delà de ce que nous connaissons comme la lumière, car aucune lumière n’a jamais semblé aussi significative. Toutes les couleurs du spectre vont et viennent, jamais agressives, chacune apportant un bonheur apaisant ou reposant différent... Vous réagissez et absorbez en vous l’éternité des bleus, des jaunes, des verts et des rouges, ainsi que la complexité des nuances intermédiaires. Tout vous est familier. C’est là que vous appartenez. C’est la Maison... Le monde matériel est absent. Des chœurs de voix semblables à celles des humains résonnent en chansons sans paroles. Des motifs infinis de cordes dans toutes les nuances d’harmonie subtile s’entrelacent en thèmes cycliques mais évolutifs, et vous résonnez avec eux. La Musique n’a pas de source. Elle est là, tout autour de vous, en vous, vous en faites partie, et elle est vous. (...)
C’est la pureté d’une vérité dont vous n’aviez eu qu’un aperçu. Ceci est le festin, et les minuscules bribes que vous aviez goûtées auparavant vous avaient donné l’espoir de l’existence du Tout. L’émotion sans nom, la nostalgie, le sentiment de destin que vous aviez ressenti en contemplant un coucher de soleil nuageux à Hawaï, en vous tenant silencieusement parmi les arbres majestueux d’une forêt silencieuse, quand une mélodie évoquait des souvenirs ou un désir sans mémoire associée, quand vous rêviez du lieu où vous apparteniez – tout cela est maintenant accompli. Vous êtes chez Vous. Vous êtes là où vous appartenez. Là où vous auriez toujours dû être.
Auteur:
Info: Journeys Out of the Body (1971), chapter 7, post mortem
Commentaires: 0