Dans les tout premiers siècles de notre ère, le développement avait porté d’abord sur Dieu lui-même, unique créateur, contre les théories dualistes qui professaient qu’il existe deux dieux, ou deux Principes, dont l’un, le mauvais, est créateur du monde physique et de tout ce qu’il renferme. Puis ce fut le développement christologique qui a abouti à définir ce que l’Eglise pense du Christ, le Verbe incarné. Avec la crise pélagienne, ce fut la doctrine de la grâce qui fut formulée. Au XVIe siècle, avec la crise luthérienne, c’est la doctrine de l’homme qui est en question. L’Eglise affirme que par le péché la nature humaine n’est pas radicalement corrompue comme l’enseignait Luther, que la raison humaine est capable du vrai et que la liberté humaine peut et doit coopérer à l’œuvre de la sanctification, c’est-à-dire de la divinisation. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, contre le kantisme et le positivisme, c’est plus spécialement la doctrine de la raison qui est en question. L’Eglise affirme et exprime ce qu’elle a toujours pensé, à savoir que l’intelligence humaine est capable de connaissance métaphysique, que la théologie est une science bien fondée, que la foi n’est pas une conviction aveugle et sentimentale, mais un assentiment de l’intelligence à la vérité, et que la légitimité de cet assentiment de l’intelligence peut être établie d’une manière objective, à partir du fait de la révélation, à partir du fait de l’incarnation.
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Info: La crise moderniste, éditions du Seuil, 1979, pages 238-239
Commentaires: 4
Coli Masson
22.03.2025
La théologie thomiste (le catholicisme) dit en effet que la raison peut accéder naturellement à la connaissance de certaines vérités et qu'elle peut être aidée en cela, ou pour aller plus loin, par un acte d'intellection soutenu par des grâces surnaturelles. C'est la complémentarité raison-intellect qui ne s'embarrasse pas de l'idées de disciplines devenues idéologiques comme science et spiritualité.
miguel
22.03.2025
"à savoir que l’intelligence humaine est capable de connaissance métaphysique, que la théologie est une science bien fondée, que la foi n’est pas une conviction aveugle et sentimentale, mais un assentiment de l’intelligence à la vérité, et que la légitimité de cet assentiment de l’intelligence peut être établie d’une manière objective, à partir du fait de la révélation, à partir du fait de l’incarnation." Qui correspond selon moi à l'idée d'une complémentarité (presqu'unificatrice ?) science-spiritualité... quelque chose comme un post-rationalisme ouvert et plus intégrateur
Coli Masson
20.03.2025
Je ne pense pas qu'unicité soit le bon mot. Pourquoi espérance ?