identité quantique

Je me partage

Le jour, gardien de la maison des palmes au musée botanique

La nuit colleur d’affiches au mur des sans-histoire

Les dattiers penchent, les dattiers penchent et avec eux, compagnon

de moiteur, je tangue contre la bouche du tropique

Au quotidien presque-naufrage, sans ordre, sans commande,

Que m’allonge cette marée de vert !



Soir venu les sirènes en papier gluant déplient au fond de moi un reste

d’arbre laissé sans voix

L’unique papyrus, le nilotique, ou hiératique

Il me secoue



Cependant que brossant les fesses à la beauté je reparcours avec

méthode la Septante du désir

Routine, glu,

Autorité des belles inépaisses



Lendemain à nouveau, l’épanoui de feuilles insolentes sous la verrière

Profuses, jouisseuses, garces !

Disant quoi à l’oreille des passants

là-bas ! là-bas !

Comme affiches, en sous-voix

là-bas ! là-bas toujours

L’une sur l’autre empilées

Image, puis image dans ma nuit consommée de mille et mille appels



C’est une savane

Une forêt dont les ululements s’effacent et se reprennent entre les géants-tiges

Pliés, froissés

Jamais fini de rompre !

Ainsi jusqu’au matin dans le vent des photographies, mon Afrique sans sommeil, sans domicile fixe

Ma Bohémienne

Jusqu’aux premiers roulements



Telle est ma vie superposée

Cherchant la page, enfin,

De repos l’invisible feuillure

À rien cousue

Ne trouvant que la sève incontinent poussée

La sève éparse et qui toujours aux alouettes tend un miroir de ciel






Auteur: Doumet Christian

Info: Ma vie superposée. In " llettrés, durs d’oreille, malbâtis", Éditions Champ Vallon, 2002

[ poème ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

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