"Manger le livre", c’est bien en effet où nous touchons du doigt ce que veut dire FREUD quand il parle de la sublimation non pas comme d’un changement d’objet, mais d’un changement de but.
Mais cela ne se voit pas tout de suite. La faim dont il s’agit, la faim sublimée, tombe là dans l’intervalle entre les deux, parce qu’il est bien évident que ce n’est pas le livre qui nous remplit l’estomac. Quand j’ai mangé le livre je ne suis pas pour autant devenu livre, ni non plus le livre devenu chair. Le livre me devient, si je puis dire, mais pour que cette opération puisse se produire, et elle se produit tous les jours, il faut bien que je paye quelque chose, très exactement la différence que pèse FREUD dans un coin du Malaise dans la civilisation, sublimez tout ce que vous voudrez, mais il faut le payer avec quelque chose.
Ce quelque chose s’appelle la jouissance et cette opération mystique, je la paie avec une "livre de chair". Ça, c’est l’objet, le bien qu’on paie pour la satisfaction du désir.
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Info: 6 juillet 1960
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