Quant à moi, autant je suis convaincu de l’erreur de ceux qui excluent toute allégorie des récits de l’Ecriture, autant je trouve de témérité à vouloir tout envelopper de voiles mystiques ; et c’est pourquoi je distingue trois ordres de prophéties [l’un relatif à la Jérusalem céleste ; l’autre à la Jérusalem terrestre ; un troisième, à toutes deux]. Telle est mon opinion, et néanmoins je consens que l’on exprime de chaque fait attesté par les saintes Ecritures un sens spirituel, sans déroger toutefois à la vérité de l’histoire. Quant aux circonstances qui ne peuvent se rattacher à l’action de l’homme ou de Dieu ni dans le passé ni dans l’avenir, quel fidèle pourrait douter que l’Ecriture n’ait une intention ? Qui ne les ramènerait, ou du moins qui n’avouerait qu’elles doivent être ramenées à un sens spirituel ?
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Info: La cité de Dieu, volume 2, traduction en latin de Louis Moreau (1846) revue par Jean-Claude Eslin, Editions du Seuil, 1994, page 322
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