Mais j’ai quand même été frappé, enthousiasmé par la majorité de ces gens. Sans doute la Révolution nous a-t-Elle même appris à mourir avec dignité. Je me rappelle que quand j’étais gamin, j’avais lu des récits sur la guerre russo-japonaise, où les cosaques forçaient les bandits chinois à creuser leur tombe, puis les faisaient asseoir au bord de la fosse et leur coupaient la tête, l’un après l’autre. J’étais subjugué par ce calme oriental, cette impassibilité avec laquelle ils attendaient le coup mortel. À présent aussi j’ai été franchement admiratif quand cette longue file d’hommes et de femmes nus, éclairés par la lune, s’est figée dans un silence et un calme absolus, comme s’ils n’étaient pas vivants, telle une rangée de statues de plâtre ou d’albâtre. Les femmes se tenaient particulièrement bien. Il faut dire que, de manière générale, elles savent mourir mieux que les hommes.
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Info: Le Tchékiste
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