Car on voit des hommes dont l’organisation est si différente des autres, et, par sa rareté même, si étonnant, qu’ils font de leurs corps ce qui est impossible et paraît à peine croyable aux autres hommes. Les uns remuent les oreilles, ensemble ou séparément. Ceux-ci, la tête immobile, ramènent sur le front leur chevelure tout entière et la redressent à volonté. Ceux-là, se pressant un peu l’estomac, en retirent intact, comme d’un sac, l’objet qu’ils veulent dans l’infinie diversité de ceux qu’ils ont absorbés. Quelques-uns imitent et reproduisent si parfaitement la voix des oiseaux, des bêtes, ou des hommes, qu’il faut les voir pour distinguer entre l’imitation et la réalité. Quelques-uns, des régions inférieures de leurs corps, expriment des sons harmonieux, semblables à un chant. Moi-même j’ai vu un homme qui transpirait à volonté.
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Info: La cité de Dieu, volume 2, traduction en latin de Louis Moreau (1846) revue par Jean-Claude Eslin, Editions du Seuil, 1994, page 186
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