Nous croyons, nous maintenons, nous enseignons comme un dogme de notre foi, que le Père a engendré le Verbe, c’est-à-dire la sagesse, créatrice de toutes choses, son Fils unique, un comme lui, éternel comme lui, souverainement bon comme lui, que le Saint-Esprit est ensemble l’Esprit du Père et du Fils, consubstantiel et coéternel à tous deux ; Trinité à cause de la propriété des personnes, un seul Dieu à cause de la divinité inséparable, et tout-puissant à cause de l’inséparable toute-puissance ; et toutefois chacun en particulier est Dieu et tout-puissant, et tous ensemble ne sont ni trois dieux ni trois tout-puissants ; tant est inséparable cette unité des trois qui a voulu rendre d’elle-même ce témoignage. Mais le saint Esprit du Père souverainement bon et du Fils souverainement bon, en tant que commun à tous deux, peut-il être convenablement appelé la bonté de l’un et de l’autre ? Ici, je n’ose hasarder une opinion téméraire. Je dirais plutôt qu’il est la sainteté de tous deux, non pas en tant que qualité, mais en tant que substance et troisième personne dans la Trinité. Et ce qui m’amène à ce sentiment comme plus probable c’est que, malgré l’unité du Père et du Fils en tant que Saint, cette troisième personne toutefois est proprement appelée Saint-Esprit, comme la sainteté substantielle et consubstantielle de tous deux. Or, si la bonté divine n’est autre que la sainteté, c’est assurément le droit de la raison et non plus présomptueuse témérité de découvrir, sous le voile d’une expression obscure qui sollicite vivement notre intelligence, la secrète empreinte de la Trinité dans cette question que chaque créature nous suggère : Par qui, comment et pourquoi elle a été faite ?
Auteur:
Info: La cité de Dieu, volume 2, traduction en latin de Louis Moreau (1846) revue par Jean-Claude Eslin, Editions du Seuil, 1994, pages 42-43
Commentaires: 2
Coli Masson
22.01.2025
consubstantiel est déjà dans le texte. Idem pour question.
miguel
22.01.2025
consubstantialité, question ?