détermination oppositionnelle

[…] en ce temps-là [Tchécoslovaquie socialiste], les églises n’étaient pas interdites mais […] il n’était tout de même pas sans danger de les fréquenter.

Cela n’est pas tellement difficile à comprendre. Ceux qui se sont battus pour ce qu’ils appellent la révolution en conservent une grande fierté : la fierté d’être du bon côté de la ligne du front. Dix ou douze ans après (c’est vers cette période que se situe notre récit), la ligne du front commence à disparaître, et avec elle le bon et le mauvais côté de cette ligne. Il n’est donc pas surprenant que les anciens partisans de la révolution se sentent frustrés et cherchent avec impatience des fronts de remplacement. Grâce à la religion, ils peuvent (dans leur rôle d’athées luttant contre les croyants) se trouver à nouveau du bon côté, et garder intacte l’habituelle et précieuse emphase de leur supériorité.

Mais à vrai dire, ce front de remplacement était aussi une aubaine pour les autres, dont, et il n’est peut-être pas prématuré de le révéler, Alice faisait partie. De même que la directrice voulait être du bon côté, Alice voulait être du côté opposé

Auteur: Kundera Milan

Info: Risibles amours, traduit du tchèque par François Kérel, éditions Gallimard, 1986, page 263

[ christianisme ] [ instrumentalisation idéologique ] [ politique ]

 

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