vieillesse

Elle avait bu sa tasse de café, elle parlait et il s’efforçait de déterminer exactement l’ampleur de cette métamorphose, à cause de laquelle elle allait une deuxième fois lui échapper : le visage était ridé (ce que plusieurs couches de poudre s’efforçaient en vain de réfuter) ; le cou était fané (ce qu’elle s’efforçait en vain de cacher sous un col montant) ; les joues étaient pendantes ; les cheveux (mais ça, c’était presque beau !) grisonnaient. Cependant, ce qui l’attirait le plus, c’étaient les mains (que ni la poudre ni le fard ne peuvent, hélas, embellir) : le réseau bleu des veines qui s’y dessinait en relief en faisait presque des mains d’hommes.

Auteur: Kundera Milan

Info: Risibles amours, traduit du tchèque par François Kérel, éditions Gallimard, 1986, page 186

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Ajouté à la BD par Coli Masson

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