philosophe

Mais parmi les disciples de Socrate, celui qui éclipsa toute autre renommée par les vives clartés de la gloire la plus légitime, c’est Platon. Athénien, d’une famille illustre, il s’éleva de bonne heure au-dessus de tous ses condisciples par la supériorité de son intelligence. Jugeant toutefois que, pour perfectionner la philosophie, ce n’était pas assez de son génie et des leçons de Socrate, il entreprit les plus lointains voyages, partout où l’entraînait la renommée de quelque enseignement célèbre. Ainsi l’Egypte lui communiqua les rares secrets de sa doctrine, et l’Italie où régnaient les Pythagoriciens, l’initia facilement, par des entretiens avec les plus savants d’entre eux, aux différentes questions remuées par la philosophie de Pythagore. Il aimait tendrement Socrate, son maître ; aussi lui donne-t-il la parole dans presque tous ses ouvrages où, réunissant les tributs de ses voyages aux résultats de ses propres méditations, il relève ce mélange par le charme piquant que Socrate répandait sur ses conversations morales. L’étude de la sagesse se divisa en action et spéculation, ou partie active et partie spéculative ; active, celle qui regarde la conduite de la vie et le règlement des mœurs ; spéculative, celle qui se rattache à la recherche des causes et à la vérité pure. Socrate excelle, dit-on, dans la première, et Pythagore dans la seconde, sur laquelle il concentra toutes les forces de sa pensée. Platon réunit l’une et l’autre ; la philosophie lui doit sa perfection et cette division nouvelle : la morale, qui surtout a rapport à l’action ; la physique, qui s’attache à la contemplation ; la logique, qui distingue le vrai du faux.

Auteur: Saint Augustin Aurelius Augustinus

Info: La cité de Dieu, volume 1, traduction en latin de Louis Moreau (1846) revue par Jean-Claude Eslin, Editions du Seuil, 1994, pages 330-331

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