Mais il se trouve, pour des raisons évidentes, bien que contingentes, qu’aucune langue et pas même le grec n’appartient, comme le latin, à la durée de notre culture. Alors, à travers six ans d’étude, et même si en fin de compte il ne peut lire Virgile aperto libro, l’élève, par mille informations et progressive maturation, s’introduit lui-même dans cette perspective temporelle où la liberté des œuvres humaines trouve sa respiration et par laquelle seules ces œuvres acquièrent vie et relief. […] il semble que, dans les débats suscités par l’abandon du latin, nul n’ait songé à elle, non seulement comme véhicule ultime de la culture, mais surtout comme sa dimension vécue et vivante, temporelle et proprement humaine. Aucun apprentissage ne peut remplacer celui-là.
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Info: Tradition et modernité, L'Harmattan, Paris, 2023, page 143
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