Nous ne pouvons parler des choses simples qu’à la manière des choses composées d’où nous tirons notre connaissance. C’est pourquoi, parlant de Dieu et voulant le signifier comme subsistant, nous employons des termes concrets, parce que notre expérience ne nous montre comme subsistants que des êtres composés ; quand, au contraire, nous voulons exprimer sa simplicité, nous employons des termes abstraits. Donc, si l’on dit que la déité ou la vie, ou quoi que ce soit de pareil, est en Dieu, ces expressions se rapportent non à une diversité dans le réel, en Dieu, mais à une diversité des représentations du réel dans notre esprit.
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Info: Somme théologique, I, q.3, a.3
Commentaires: 4
miguel
18.01.2025
si tu veux, ou simplement restriction anthropique
Coli Masson
04.01.2025
Le terme de solipsisme me dérange un peu car il tend à faire croire que l'homme est un individu constitué sans interaction avec autrui par l'intermédiaire du langage. Peut-être l'idée de restriction anthropocentrique ?
miguel
04.01.2025
oui, pas facile... ce qui me vient de suite à l'esprit c'est "limitation"... et puis "solipsisme anthropique individuel" formulation assez précise (comme orthogonalité ;-) qui sous-tend l'idée d'un double solipsisme, d'une double subjectivité : celle de la race, et celle de l'individu. Il y a aussi clairement un chiasme conceptuel dans cette pensée d'Aquin. D'ailleurs christianisme est quasi synonyme avec Thomas d'Aquin ;-)