impératif catégorique

Aucun philosophe n’a porté la morale à un plus grand degré de pureté que ne l’a fait la doctrine de Kant. C’est lui surtout qui a contribué à conférer à la sphère de la moralité un caractère quasi divin, en recherchant l’essence pure de la morale. Mais précisément, c’est là le mensonge fondamental, parce qu’il ne peut y avoir de moralité pure ou absolue. Du point de vue strictement moral, comme nous pensons l’avoir montré, le bien et le mal s’impliquent réciproquement, et sont irréductibles l’un à l’autre. La sphère de la moralité est nécessairement duelle, elle est constituée en elle-même par une tension dialectique que rien ne peut apaiser, à moins d’abolir la morale elle-même. La moralité souffre en elle-même d’une imperfection essentielle. Si l’idéalité de la valeur morale était aussi parfaite et aussi pure que semble le prétendre la morale, elle n’aurait pas besoin de s’imposer comme un devoir. […]

Il est remarquable de constater que Kant n’a pas fait consister la pureté de la morale dans son idéalité, mais dans son impérativité. Or c’est là une contradiction pure et simple. C’est pourquoi la révolte est possible et qu’elle se sent fondée dans sa révolte même. 

Auteur: Borella Jean

Info: Tradition et modernité, L'Harmattan, Paris, 2023, page 97

[ détermination oppositionnelle ] [ philosophie ] [ critique ]

 

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