L’homme doit finaliser le sens de son existence sur fond de néant où veille la présence angoissante du non-sens qu’est la mort. L’homme ne peut donc fuir la mort et doit vivre avec elle puisqu’elle borne le sens de son existence et absolutise l’unicité de sa présence au monde.
Cette dernière sentence philosophique est totalement contradictoire avec le biologisme ambiant qui exalte la vie pour la vie dans le rejet phobique de la mort. La pandémie aurait dû être l’occasion de réfléchir la structure chiasmatique du concept d’immunité où deux conceptions de l’homme se croisent dans leur radicale différence. Au lieu de cela, elle a été l’occasion d’une stupéfiante mise en scène de l’effroi de l’homme face à la mort, effroi ayant même atteint les principales communautés religieuses. Ce fut la victoire du biologisme et la défaite de toute idée transcendantale de l’homme. L’inconditionné de l’être a chuté dans le marécage moléculaire d’une soupe originelle d’où jaillit la promesse illusoire d’une jouissance éternellement renouvelée. On comprend que Moïse ait brisé les tables de la loi à la vue de la vénération du veau d’or par le peuple.
L’idéologie que promeut une politique biologique est celle d’une immunisation contre la mort, permettant à l’homme d’échapper à la pression sélective du système qui l’a enfanté et de se régénérer illusoirement, comme dans la légende de Frankenstein, à même la matrice génétique emblématisée en fontaine de jouvence. Telle est l’utopie, proche d’une hallucinose, de cette nouvelle religion positiviste qu’Auguste Comte avait anticipée et qui ne concerne en rien le surhomme de Nietzsche, mais plutôt l’homme augmenté ou encore le transhumain.
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Commentaires: 2
Coli Masson
01.01.2025
Ces mots sont teintés d'une idéologie qui n'est pas vraiment spécifiée dans ce texte.
miguel
01.01.2025
incarnation transitoire ?