éternel-temporel

Aucun doute que l’être soit l’être. S’il paraît parfois se confondre avec le devenir, c’est parce que nous ne voyons pas la plénitude de l’être, ou, pour continuer à parler familièrement, parce que nous ne voyons pas l’être être autant qu’il le peut. […]

La plupart des penseurs confrontés avec le problème de l’être et son apparente instabilité ont oublié le premier au profit de la seconde. Il leur est impossible de dire qu’une chose en devient une autre, car il faudrait que quelque chose soit, ne serait-ce qu’un instant, avant de devenir autre chose. Elle n’est plus que changement. Il serait plus logique de nommer ce processus changement du rien en rien, plutôt que de dire, selon leurs principes, qu’il y a un instant, passé ou futur, où une chose est elle-même. Saint Thomas [d'Aquin] tient, lui, qu’une chose quelconque est à tout moment quelque chose mais pas tout ce qu’elle pourrait être et qu’il existe une plénitude de l’être où elle pourrait être tout ce qu’elle peut être. Ainsi, tandis qu’à la plupart des sages il ne reste rien que le pur changement, il aboutit à cette chose ultime, invariable, parce qu’elle est toutes choses à la fois. Alors qu’ils décrivent un changement qui est réellement un changement de rien à rien, il décrit une immobilité qui inclut les changements de toutes choses. Les choses changent parce qu’elles ne sont pas complètes, mais leur réalité ne s’explique que comme fragment de quelque chose de complet. Qui est Dieu. 

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Saint Thomas du Créateur, Dominique Martin Morin, 2016, pages 144-145

[ point de vue fragmentaire ] [ ontologie ] [ christianisme ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

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