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orient-occident

Nul n’approchera jamais de l’intelligence de la philosophie thomiste – de la philosophie catholique – qui ne comprenne d’abord qu’elle se fonde entièrement sur la glorification de la vie ; la glorification de l’être ; la glorification du Dieu créateur de l’univers. Le reste s’ensuit et dure non sans complications telles que le péché d’Adam ou les vocations héroïques. Les difficultés proviennent de ce que l’âme catholique se tient sur deux plans : celui de la création et celui de la chute. […]

Les macérations les plus rudes de l’ascétisme catholique ne sont rien d’autre que des mesures, sages ou non, prises contre les conséquences de la chute. Elles n’impliquent jamais un doute quant à l’excellence de la création. C’est en cela que l’ascète chrétien s’oppose non seulement à l’excentrique qui se suspend à un crochet, mais encore à ce croc redoutable qu’est toute la vision du monde à laquelle l’excentrique s’accroche. La plupart des religions orientales ont une conception pessimiste de l’ascétisme. L’ascète se martyrise par une sorte de haine de la vie, car il ne veut pas dominer la nature mais la contrarier autant qu’il le peut. Bien que les millions d’adeptes des religions orientales aient une vision moins effrayante, on ne remarque pas assez souvent que le dogme du refus de la vie est, à leur immense échelle, un principe premier.

Une de ses formes historiques – le manichéisme – fut l’ennemi majeur et constant du christianisme. Ce que l’on nomme la philosophie manichéenne s’est attaquée à ce qui est éternel et immuable, selon un très curieux processus multiforme indéfiniment renouvelé qui fait penser à la légende de l’ogre capable de se transformer tour à tour en lion ou en nuage. Elle possède un caractère d’irresponsabilité qui appartient en propre à la métaphysique et à l’éthique impersonnelles de l’Orient où le mystérieux manichéisme est né. Cette philosophie comporte toujours, d’une manière ou d’une autre, sinon l’affirmation que la nature est mauvaise, du moins que le mal est profondément enraciné en elle. La thèse essentielle est que le mal a des racines dans la nature et qu’il a donc des droits sur elle. Ce qui est faux a droit à l’existence en tant que vrai. Cette notion a été diversement formulée. Il y eut le dualisme qui fit du bien et du mal des égaux, de telle sorte qu’aucun ne pouvait être traité d’usurpateur. Il y eut plus fréquemment l’idée confuse que les démons avaient créé le monde matériel et que, s’il y avait de bons esprits, ils ne régissaient que le monde spirituel. Plus tard encore, il y eut le calvinisme qui tint que le monde est une création de Dieu, mais que, d’une certaine façon, Dieu a créé le mal comme le bien ; aussi bien la volonté mauvaise que le monde mauvais.

Auteur: Chesterton Gilbert Keith

Info: Saint Thomas du Créateur, Dominique Martin Morin, 2016, pages 89 à 91

[ différences ] [ nature blessée ] [ amour ] [ optimisme ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson