En d’autres termes, ce qui va constituer ici la limite, c’est cette formation qui s’appelle idéal du moi - vous allez voir pourquoi il est important que je vous la situe comme cela - c’est-à-dire ce à quoi le sujet s’identifie en allant dans la direction du symbolique, en partant du repérage imaginaire et en quelque sorte lui, préformé instinctuellement de lui-même à son propre corps, et pour autant que lui va s’engager dans une série d’identifications signifiantes dans la direction définie comme telle, comme opposée à l’imaginaire, à savoir comme utilisant l’imaginaire comme signifiant.
Et l’identification qui s’appelle idéal du moi se fait au niveau paternel. Pourquoi ? Précisément en ceci qu’au niveau paternel le détachement est plus grand par rapport à la relation imaginaire qu’au niveau de la relation à la mère.
Cette petite édification de schémas les uns sur les autres, ces petits danseurs se chevauchant, les jambes de l’un sur les épaules de l’autre, c’est bien de cela qu’il s’agit : c’est pour autant que le troisième de ce petit échafaudage, à savoir le père pour autant qu’il intervient pour interdire, c’est-à-dire pour faire passer ce qui est justement l’objet du désir de la mère au rang proprement symbolique, à savoir que c’est non seulement un objet imaginaire, mais qu’il est en plus détruit, interdit.
C’est pour autant qu’il intervient comme personnage réel, comme "je" pour jouer cette fonction, que ce "je" va devenir quelque chose d’éminemment signifiant et permettre d’être le noyau de l’identification en fin de compte dernière, suprême résultat du complexe d’Œdipe qui fait que c’est au père que se rapporte la formation dite idéal du moi.
[…] C’est pour autant que dans cette identification à partir du moi, le sujet qui peut dans une certaine phase faire en effet un mouvement d’approchement, d’identification de son moi avec le phallus, essentiellement est porté dans l’autre direction, c’est-à-dire constitue un certain rapport qui lui, est marqué par les points termes qui sont là exprimés dans un certain rapport avec l’image du corps propre, c’est-à-dire à l’imaginaire pur et simple, à savoir la mère.
D’autre part, comme terme réel, son moi en tant qu’il est susceptible, non pas simplement de se reconnaître, mais s’étant reconnu, de se faire lui-même élément signifiant et non plus simplement élément imaginaire dans son rapport avec la mère, [alors] peuvent se produire ces successives identifications dont FREUD dans sa théorie du moi nous articule de la façon la plus ferme. C’est là l’objet de sa théorie du moi, C’est de nous montrer que le moi est fait d’une série d’identifications - reportez-vous au schéma - d’une série d’identifications à un objet qui est au-delà de l’objet immédiat, qui est le père en tant qu’il est au–delà de la mère.
Années: 1901 - 1981
Epoque – Courant religieux: récent et libéralisme économique
Sexe: H
Profession et précisions: psychanalyste
Continent – Pays: Europe - France