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urbanisme

Les villes ne meurent plus. Elles enflent, elles se superposent à elles-mêmes comme des cristaux malades. Elles cherchent la lumière qu'elles absorbent.
En tant que futur architecte vous avez peut-être des propositions ? Imagineriez-vous une ville molle ? Pliable, capable de se transformer sous l'effet de la pluie et du vent ? Du gel ? Flasque comme une méduse, pleine d'eau ? ...
Pourquoi pas... Je ne sais pas quelle forme aurait une ville érodable... La forme actuelle des villes traduit notre archaïsme, notre inaptitude à enregistrer le mouvement pour le faire nôtre. Au flux de l'eau nous continuons à opposer des digues... que l'eau un jour porte à la ruine. On peut se demander s'il ne faut pas plutôt infléchir son cours, travailler avec elle... Imaginez que l'on construise un ouvrage qui aille dans le sens de l'érosion. Alors il ne pourrait jamais y avoir ruine. Il y aurait transformation...

Auteur: Clément Gilles

Info: Thomas et le Voyageur : Esquisse du jardin planétaire

[ symbiose ]

 

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urbanisme

Ici, les rues ne portent pas le nom de personnalité locale ou nationale, pas d'avenue du général de Gaulle, pas de boulevard Napoléon, ni de rue Molière encore moins d'impasse Mozart.

Ici les rues portent le nom qui leur va bien. La rue sans retour est tellement étroite qu'il est impossible de faire demi-tour en voiture, la rue de la chapelle mène à la chapelle Saint Tugdual, le chemin de nulle part mène nulle part, c'est une impasse. La rue des sables vous conduit à la grande plage. Tôt le matin le soleil réchauffe en premier les maisons de la rue du soleil levant, pour aller à la gare il faut prendre la rue des adieux. La coopérative agricole se trouve chemin des belles moissons, si vous souhaitez vous recueillir sur un tombe il vous faudra emprunter la rue du repos et la rue de la Font qui pleure doit son nom à une fontaine qui ne cesse jamais de laisser couler ses larmes.


Auteur: Montmartin Yves

Info: Le livre qui vole

[ terminologie pragmatique ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

urbanisme

Malgré les apparences, les City Walls, les murs peints, n’ont rien à voir avec les graffiti. Ils leur sont d’ailleurs antérieurs et ils leur survivront. L’initiative de ces murs peints vient du sommet, c’est une entreprise d’innovation et d’animation urbaine mise en place avec des subventions municipales. La City Walls Incorporated est une organisation fondée en 1969 "pour promouvoir le programme et les aspects techniques des murs peints". Budget couvert par le département des Affaires culturelles de la ville de New York, et par diverses fondations dont celle de David Rockfeller. [...]

Bien sûr, ces opérations sont confiées à des professionnels, des artistes regroupés à New York en consortium. Aucune ambiguïté possible : il s’agit bien d’une politique environnementale, design urbain de grande envergure – la ville y gagne, et l’art aussi. car ni la ville n’explose par l’irruption de l’art "à l’air libre", dans la rue, ni l’art n’explose au contact de la ville. C’est toute la ville qui devient galerie d’art, c’est l’art qui redécouvre tout un terrain de manœuvre dans la ville. Ni l’un ni l’autre n’ont changé de structure, ils n’ont fait qu’échanger leurs privilèges.

Auteur: Baudrillard Jean

Info: Dans "L'échange symbolique et la mort", éditions Gallimard, 1976, page 133

[ média de masse ] [ fausse transgression ] [ historique ] [ tagueurs ] [ graffeurs ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

urbanisme festif

Bien entendu, il n’y a pas davantage de plage, aujourd’hui, sur les bords de la Seine qu’il n’y en avait huit jours avant. L’important est de vérifier si les gens vont accepter d’y croire. Car tout cela n’a rien de futile. Ça s’appelle un programme. […] Contrairement à ce que l’on imagine, Paris n’est pas une enclave pittoresque où résisteraient les derniers adeptes du Parti du progrès universel et pluriel en difficulté. C’est un laboratoire. C’est un terrain d’expérience qui a l’avenir devant lui. Le maire nourrit d’amples ambitions. […] "Il faudra, déclare-t-il, qu’on puisse encore dire du bien dans trente ans de ce que nous décidons maintenant" (mais pourquoi faudrait-il attendre si longtemps pour en dire du mal ?). Ses grands projets se résument à couvrir tout ce que la sensibilité exquise de la modernité ne veut plus voir : périphériques, parkings, hangars de stockage, entrepôts du service municipal des Pompes funèbres. En gros, le réel. Delanoë le fourre sous dalle. Et, par-dessus, il plante tout ce qui fait rêver : murs d’escalade, squats d’artistes, promenades vertes, multiplexes créatifs, lieux d’éducation aux arts de la rue, espaces d’initiation à la musique hip-hop.

Et parasols.

Car il s’agit aussi de réconcilier le Parisien avec son fleuve. Il paraît que jusqu’alors le Parisien tournait le dos à la Seine, ses eaux noires moirées de mazout et ses courants d’air. De temps en temps, il s’accoudait aux parapets pour regarder un suicidé en train de gagner le large avec nonchalance. C’est tout ce qu’il avait comme distraction. Quel chemin parcouru depuis. Maintenant il peut bronzer en bordure de concept et s’initier à la fabrication des nœuds marins dans une station balnéaire non figurative où tout est stylisé, le sable, les pelouses, les oriflammes, les nœuds marins, les murs d’escalade, sa propre personne. Exactement comme dans un quartier piétonnier. Transformer les berges de la Seine en quartier piétonnier idéal, voilà l’exploit des plagistes de la Mairie de Paris. Je le sais, j’étais sur place le dimanche de l’ouverture du concept.

Auteur: Muray Philippe

Info: Dans "Exorcismes spirituels, tome 3", Les Belles Lettres, Paris, 2002, page 450

[ virtualisation ] [ refoulement ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson