Il y a d'autre part dans l'histoire du Christ, ce paradoxe où une Simone Weil pouvait voir la seule preuve ontologique recevable : qu'il ait affirmé sa divinité et que d'autre part il en ait été en quelque sorte dépouillé... De l'homme il a épousé le doute et l'angoisse — jusqu'à l'agonie. Chesterton a un mot qui va très loin : "Notre religion est la vraie, parce qu'elle est la seule où Dieu un moment a été athée... " C'est Le Mont des oliviers, de Vigny — le Père abandonnant le Fils, le Fils doutant du Père... C'est aussi Nerval, et Jean Paul : "Dieu est mort ! le ciel est vide... Pleurez enfants, vous n'avez plus de Père !"
C'est même peut-être Nietzsche : Dieu mort de compassion pour les hommes...
Que Dieu ait été submergé par la détresse humaine, c'est peut-être l'unique espérance qu'il nous reste...