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révolte
Etre captif, là n'est pas la question. Il s'agit de ne pas se rendre : voilà.
Auteur: Hikmet Nazim
Années: 1901 - 1963
Epoque – Courant religieux: industriel
Sexe: H
Profession et précisions: poète turc puis citoyen polonais
Continent – Pays: Europe - Turquie - Pologne
Info:
[ lutte ] [ indomptable ]
Commentaires: 0
déclaration d'amour
Vous êtes toutes nues dans mes bras la ville, la nuit et toi votre clarté illumine mon visage et puis le parfum de vos cheveux. À qui ce cœur qui bat au-dessus du murmure de nos souffles palpitants est-ce ta voix, celle de la ville, celle de la nuit ou bien la mienne? Où finit la nuit, où commence la ville Où finit la ville, où commences-tu toi où est ma fin, où est mon commencement?
Auteur: Hikmet Nazim Ran
Info: Il neige dans la nuit et autres poèmes, La ville, le soir et toi
[ poème ]
poème
Cela fait cent ans Que je n’ai pas vu ton visage Que je n’ai pas passé mon bras Autour de ta taille Que je ne vois plus mon visage dans tes yeux Cela fait cent ans que je ne pose plus de question À la lumière de ton esprit Que je n’ai pas touché à la chaleur de ton ventre. Cela fait cent ans Qu’une femme m’attend Dans une ville. Nous étions perchés sur la même branche, Sur la même branche Nous en sommes tombés, nous nous sommes quittés Entre nous tout un siècle Dans le temps et dans l’espace. Cela fait cent ans que dans la pénombre Je cours derrière toi.
Info: "Nostalgie", extrait de : il neige dans la nuit et autres poèmes
[ déclaration d'amour ]
Le plus beau des océans est celui que l'on n'a pas encore traversé. Le plus beau des enfants n'a pas encore grandi. Les plus beaux de nos jours sont ceux que nous n'avons pas encore vécus. Et les plus beaux des poèmes que je veux te dire sont ceux que je ne t'ai pas encore dits. Que c'est beau de penser à toi : à travers les rumeurs de morts et de victoire en prison alors que j'ai passé la quarantaine... Que c'est beau de penser à toi : ta main oubliée sur un tissu bleu et dans tes cheveux la fière douceur de ma terre bien-aimée d'Istanbul... C'est comme un second être en moi que le bonheur de t'aimer... le parfum de la feuille de géranium au bout de mes doigts, une quiétude ensoleillée et l'invite de la chair : striée d'écarlate l'obscurité chaude dense...
Info: 24 septembre 1945
Nostalgie Cela fait cent ans que je n'ai pas vu ton visage que je n'ai pas passé mon bras autour de ta taille que je ne vois plus mon visage dans tes yeux cela fait cent ans que je ne pose plus de question à la lumière de ton esprit que je n'ai pas touché à la chaleur de ton ventre. Cela fait cent ans qu'une femme m'attend dans une ville. Nous étions penchés sur la même branche, sur la même branche nous en sommes tombés, nous nous sommes quittés entre nous tout un siècle dans le temps et dans l'espace. Cela fait cent ans que dans la pénombre je cours derrière toi. Tu es mon ivresse De toi je n'ai point dessoûlé Je ne puis dessoûler Je ne veux point dessoûler Ma tête lourde Mes genoux écorchés Mes vêtements crottés Je vais vers ta lumière qui brille et qui s'éteint en titubant, tombant, me relevant.
Info: Il neige dans la nuit et autres poèmes